Goffi non-hebdo

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 17 mai 2009

Étape 1 - Phase 2

C'est le moment de sortir une première version d'un logiciel sur lequel je travaille par à-coups depuis quelques mois.

Donc voici SàT, en hommage au Salut à Toi des béru, qui est un client Jabber - un protocole de communication permettant notamment la messagerie instantanée, et bien plus -. Pour le moment il est adressé à un public averti: il est très jeune et fortement bogué, inutilisable pour le quotidien. C'est plus une preuve de concept.

Je passe ici les détails techniques. Juste une note sur mes raisons: la communication est essentielle - surtout à notre époque -, et j'ai de plus en plus marre de faire des concessions sur ma vie privée pour pouvoir communiquer avec mes amis. Je me suis fait avoir par tous les logiciels/sites que tout le monde connait, et j'y reste à cause de l'effet réseau. Ce n'est plus possible.
D'autre part, Jabber est un excellent protocole Libre connu depuis longtemps et très utilisé notamment dans le monde professionnel. Malheureusement il ne s'impose pas auprès de mes amis, soit parce qu'il ne connaissent pas (et c'est pas faute d'en parler), soit parce qu'il n'en voient pas l'utilité, et ce malgré de nombreux clients excellents.

Aussi j'ai voulu faire mon propre client. Oui je sais, j'aurais pu contribuer à un projet existant, mais je voulais d'une part avoir un terrain d'apprentissage pour twisted et python, d'autre part je n'en ai vu aucun qui avait l'architecture que je cherchais. Et puis c'est une brique nécessaire pour d'autres idées que j'ai en tête...
J'ai d'autres projets qui attentent que celui ci soit mature (et ça va prendre du temps), mais dans un premier temps je vais chercher à avoir un client de messagerie sûr (dans le sens que vos conversation ne vont pas transiter par une multinationale pour alimenter des pubs ou des fichiers pas avouables), indépendant, riche en fonctionnalités, et bien sûr Libre.

SàT (Salut à Toi)

Une histoire de lapin et de champignons

Nous y voilà !

les échelons sont devant, encore quelques minutes accroupi, le temps que tout le monde passe, quelques regards sur les côtés et je vais pouvoir entrer.
Des mois que j'attendais ça, un retour aux sources salvateur, un monde à nous, loin de toute notion de classe, d'âge, d'autorité, un monde rempli de poésie, d'aventures et d'histoires. Ici on explore, on marche, on boit, on chante, on rencontre, ici on médite ou on raconte nos vies, on suit nos émotions, et, surtout, on partage. Nous ne sommes pas les premiers, nous ne serons probablement pas les derniers, mais nous ressentons tous autant cette formidable fascination, cette excitation sublime qui mélange inconnu et interdit, cet immense fantasme.
Ça y est, c'est à moi. Je reste accroupi et fonce droit devant, je descends quelques échelons et peux désormais allumer ma frontale. Enfin j'y suis ! Et mes amis aussi, depuis le temps qu'on parle de descendre ensemble.

Tout le monde est en bas, on peu désormais parler, s'organiser un peu. Un coup d'œil sur la carte et nous avançons. Les murs sont là, témoins des siècles passés, je les regarde avec amusement. Ils ont vu les contrebandes, les montreurs de Diable, l'infâme répression des communards ou encore les réseaux de Résistance d'un Paris occupé. Peut être que les générations futures regarderont ces mêmes murs en nous imaginant les parcourant, acteurs d'une époque.
Nous arrivons rapidement à Banga, passage culte qui nous coupe définitivement de la surface. Les pieds dans l'eau, nous marchons dans un décors presque irréel, en cherchant les rebords au sol, et s'appuyant sur les parois. Tout le monde est là ? C'est bon on repart.
Aujourd'hui nous ne passerons pas par le Château, nous irons plus loin.

Parcourir ce dédale stimule l'imagination, alimente les émotions. Les murs transpirent de talent: de nombreux artistes ont laissé des œuvres, des clins d'œils dans les endroits parfois les plus improbables. À chaque tournant, à chaque coin peut se trouver un objet, une peinture ou une sculpture laissée là par les précédents visiteurs. Que ce soit un passe-muraille qui s'affranchit des barrières, un bélier qui nous contemple fièrement ou des fresques longeant les couloirs. On est heureux de trouver les objets les plus insolites, abandonnés où on s'y attend le moins: ici un vieux vélo et là un vieil ordinateur bernent le temps, ailleurs des livres, des tracts, des morceaux de vie.

Nous nous posons dans une salle où la table nous permet de partager le pain, de boire et de rire. Les Velvet Underground, dont le nom se prête délicieusement au lieu, nous accompagnent, bientôt suivis de Pink Floyd. On parle de légendes du passé, de fêtes délirantes, certains groupes prestigieux auraient joué ici.

L'ambiance est bonne, mais l'envie d'explorer nous rattrape vite. Je me sens comme un enfant dans un immense terrain de jeu, excité et curieux. Je m'évade et pense aux autres salles, à la Plage qui fait justice à ce rêve général du siècle dernier, qui semble aujourd'hui bien loin, nous montrant qu'elle est bien là, sous les pavés; ou au Bout du Monde, où je me suis déjà posé avec un ami, éclairés par la lumière chancelante de dizaines de bougies, observés par les visages sculptés.
Nous rejoignons l'incontournable tombe de Philibert qui, légende ou réalité, observe avec enthousiasme les visiteurs venus lui rendre hommage. Les couloirs et les salles se succèdent, nous jouons dans l'une d'elles et rions beaucoup. Mais bientôt nous décidons de remonter, et nous préparons à quitter, à contrecœur, les lieux.

Nous marchons un peu, grimpons en s'appuyant sur les murs et passons une chatière. Quelques échelons nous séparent de la surface, dont on peut voir la lumière.
<< Il est quelle heure ? >>, première fois que je me pose la question depuis qu'on est descendus.
Nous attendons en file indienne, prêts à sortir vite, pendant que le premier ouvre la plaque. Je suis le troisième, il sera bientôt temps d'éteindre les lampes.

La plaque est ouverte, mes 2 premiers compagnons sortent, mais quelque chose ne va pas là haut.
je sors à mon tour, et comprends vite la situation. La plaque est située juste devant une boulangerie, et le boulanger en question semble mécontent des quelques traces de boue devant son commerce, il est 10h du matin. Mes compagnons retiennent la plaque, je vais vite les aider: le boulanger essaye de la refermer, et sa femme cherche à l'aider adossée à un mur, en poussant avec les jambes.
La situation est grave: si un de nos camarades reçoit la lourde plaque sur la tête, il peut être très sévèrement blessé; et si la plaque est fermée, nous perdons nos amis en dessous. Heureusement tout le monde arrive à sortir très rapidement, et, malgré les menaces, nous prenons le temps de fermer la plaque, grâce aux réflexes du premier compagnon, pour des raisons évidentes de sécurité.

Nous partons immédiatement, loin d'imaginer que, probablement blessés au plus profond d'eux par les 2 traces de pas laissées sur le trottoir - à environ 5 mètres de leur lieu de travail -, la charmante petite famille, poussée par un fort louable élan patriotique, nous traquerait dans les rues en nous insultants, et nous suivrait dans le bus nous qualifiant de "délinquants".

C'est le moment de se séparer: les 2 premiers compagnons d'un côté - que je n'ai plus vu par la suite -, et nous partis nous cacher dans un immeuble de l'autre.
Une dizaine de minutes passent. une concierge vient nous voir:
- vous attendez quelqu'un ?
- non
- alors je vais vous demander de ne pas rester là parce que vous comprenez blah blah, et blah blah, et blah blah et encore blah tiens

Fort bien, nous partons et retrouvons notre amis le boulanger, qui, tel pacman, parcourt inlassablement les rues à la recherche des "délinquants".
Prenons l'autre direction ! Mauvais choix... Voici une, non deux, non trois voitures de police pour nous accueillir !
Et quand je dis accueillir, je veux dire un << mettez les mains bien en évidence >> quand un autre tripote ses menottes d'un air menaçant.

Notre tord ? Avoir un monde à nous loin du système, avoir notre part de liberté, ne pas suivre les règles absurdes qu'on veut nous imposer.

1 heure passe, nous sommes toujours au milieu de la rue, à l'arrêt de bus. Je regarde le boulanger, sur le trottoir d'en face, les bras croisés, impassible. Il finit par partir.
Un des policier discute un peu avec moi. Il connait les "catacleans", sait que nous y retournerons de toute façon, et je devine qu'il trouve également tout ça excessif. Mais au milieu d'une phrase, un autre arrive:
- C'est à cause de gens comme vous que la France va mal ! C'est comme les feux rouges, on ne regarde pas à droite à gauche et on passe, un feu rouge on s'arrête point ! Il y a des règles il faut les suivre, si vous n'aimez pas la France quittez là...
- je suis né ici

Sanctions distribuées, nous pouvons enfin partir.
Nous nous retrouvons un peu plus loin pour discuter de ce qui vient de se passer. je vais m'assoir sur une marche.
Quand je pense qu'on se sent parfois plus en liberté entre 4 murs qu'à la surface.

En face de moi, au feu, un jeune homme est sur une mobylette, une fille derrière lui. Il nous observe, en cuissardes, pleins de boue et de poussière, et rit. Je le regarde, il me regarde, on se fait un signe de tête. Je sais qu'il est des nôtres.



vendredi 24 avril 2009

L'appel de la forêt

Ça y est.

Après un peu plus de 2 ans de vie active, je me suis décidé à démissionner.
Non que ça se passe spécialement mal dans ma boite, il y a des hauts et des bas, comme partout, mais dans l'ensemble je ne suis pas trop mal tombé.
Non que je ne m'adapte pas à la région: outre quelques petits soucis je me plais ici, il y a beaucoup de choses à faire, des tas de rencontres intéressantes, une véritable âme dans cette ville, d'excellents amis.
Non c'est autre chose...
Avant même de commencer je savais que ça allait être comme ça, mais j'ai voulu essayer, pour "voir ce que c'est", pour l'expérience.

J'aime l'informatique. J'aime l'informatique depuis que je l'ai découverte, enfant. Je l'aime non pas parce que ça clignote et ça fait du bruit, je l'aime non pas parce que ça me fait appartenir à un groupe quelconque; je l'aime parce qu'elle me permet de créer.
Grâce à l'informatique, je peux donner vie à des idées, et, désormais, les partager. Mais voilà, en travaillant dans ce domaine je perds cette faculté, je perds ma passion. Je ne suis plus là pour avoir des idées, mais mettre en pratique ce que me disent d'autres personnes, qui elles même ne font que répéter ce que leur impose le "Marché", cette ignoble supercherie qui s'oppose à tout tempérament artistique. Mais moi ce n'est pas ce que je veux.
Moi je veux communiquer, inventer, créer, partager, apprendre, comprendre... Quand je rentre chez moi, après une journée à comater devant un écran, répétant inlassablement les mêmes choses, je n'ai plus la force de me remettre devant un écran pour assouvir mes propres pulsions créatrices. Alors je comate à nouveau, je consomme, je regarde des sites, des vidéos, et je renonce à ma vie.
Fort heureusement, j'arrive encore, parfois, à me sortir de là: je communique, rencontre des gens, partage des idées, écoute de la musique, essaye désespérément de vibrer, d'éprouver des choses, de résister.

Alors j'ai décidé de tout arrêter, pour enfin commencer ma vie.
Partir à l'autre bout du monde, rencontrer des gens, partager, apprendre, comprendre, réfléchir. Peut être que demain je reviendrai à cette vie tracée et monotone, peut être que j'aurai changé d'avis, je ne sais pas.
Mais c'est justement ça qui me plait: ne pas savoir, essayer, rêver. Je rêve trop, je rêve trop pour cette vie, je veux essayer, tenter le destin, l'inviter.
Moi aussi j'ai le droit de changer mon monde, de changer le Monde.

dimanche 28 décembre 2008

Elle est pas belle la vie ?

Duvel

mardi 25 novembre 2008

Le Cauchemard Avant Noël

Quoi de plus triste qu'un homme qui boit une bière seul devant un écran ?
Quoi de plus navrant que quelqu'un qui cherche à exister, pour un soir, à travers quelques lignes ?
Il y a des jours où on se sent perdu, où on ne comprend pas, où on regrette, où on tremble devant la faute. Celui ci en est un.
Il y a des soirs où rien n'avance, rien ne bouge, où les espoirs qu'on a eu n'existent pas, où on se demande pourquoi. Celui-ci en est un.

Je pense à Edward.

Je fais des erreurs, j'ai fait des erreurs, et je ne sais pas comment les rattraper, je ne sais pas si je peux les rattraper.
Je cours après une chimère, je veux sculpter un monde mais je n'ai pas de mains. Des fois je me sens en dehors, juste en dehors.
C'est difficile à expliquer, mais j'ai comme l'impression de brider les choses, de chercher la douleur, de viser les murs.

Je pense à l'inventeur.

Mais j'y crois, et ça c'est inexplicable, mais j'y crois. Je sens, je sais que c'est possible.
Rêver, c'est encore la plus belle chose qu'il me soit permis de faire, la dernière.
Peut-être que moi aussi, un jour, je ferai tomber la neige.

Je pense à Kim...

lundi 17 novembre 2008

Tout un symbole

Tiens, c'est marrant comme ce n'est pas évident de donner son avis sur un... sur un blog. Ça me parait parfois prétentieux de donner son avis sur l'actualité. Je sais pas, j'ai toujours tellement vu ça réservé aux journalistes, à la télé, aux politiques, aux parents, aux profs, bref, aux adultes, que des fois je me dis "t'es qui toi pour fourrer ton truc mal écrit sur le net, la gueule enfarinée ?". On lit tellement tout et son contraire ici, que bon, ça ne fera pas trop avancer le morpion (oui le morpion, pourquoi ce serait toujours un schmilblick qu'on voudrait faire avancer ?).
Et pis des fois, y'a des actualités qui vous tombent comme ça sur le coin de la gueule -onomatopée d... ah non celle là je l'ai déjà faite-, et qui vous donnent comme une envie de réagir, de donner votre avis; pis merde, même si c'est que quelques lignes perdues dans un flots d'inepties et d'egos, au moins ça me donne une bonne raison de me boire une excellent bière (Gouden Carolus... euh on peut citer au moins ? C'est pas interdit hein ? L'abus d'alcool est dangereux blah blah... C'est bon, je vais pas aller en prison ?) avec un peu d'encens et du Black Lips en fond.

Je ne sais pas si vous avez remarqué -c'est passé relativement inaperçu-, mais il y a eu des élections chez les autres là. Enfin, "élections", on se comprend, un grand show, beaucoup de pub, des émissions, des grands électeurs (des mecs beaucoups plus sages et dignes de confiance que le petit peuple), des sondages, beaucoup de sondages, un peu de sous à droite à gauche (enfin surtout à droite), et un joli feuilleton qui a fait vibrer le coeur des ménagères... Ah c'est beau, vraiment beau... Bon un peu chiant à force, mais tellement beau... Ben cette élection là, elle va changer la face du monde; si, si, puisqu'on vous le dit. Hop, on remet 1 pièce et c'est reparti pour un tour. Non, mais attendez, rien à voir là, c'est un métis, ça n'a rien à voir, mais vraiment, c'est tout un symbole !

Tout un symbole, oui. On ne peut pas cracher dessus, un métis à la pseudo-tête de ce pays là, c'est quand même fort, c'est quand même grand. Mais un symbole pour la peine de mort, un symbole qui veut limiter les avortements, un symbole contre le mariage homosexuel, un symbole pour la prolifération des armes, tout un symbole ! Ah oui, ils ont évité Bush 3, ils ont eu Clinton 2, tout ce qu'il faut pour redorer une image, et remettre sur pied à l'identique un système qui a fait, et refait particulièrement aujourd'hui, plus que ses preuves. God bless America !

La rue Kétanou maintenant... Heureusement qu'ils sont là eux... Et les autres... Merci

Et pis il y a 2 jours là, 2 morceaux, qui ont fait, eux aussi, beaucoup parler d'eux, comme on pouvait s'y attendre. Un symbole encore. Quel symbole ? Sûrement pas celui que veulent vous faire vomir ces gens qui ont découvert un groupe, non même pas, qui ont découvert un prétexte pour cracher leur fiel sur une image incrustée dans leur écran de télé. Sûrement pas celui d'un fait divers, triste, mais qui reste un fait divers. Non le symbole d'un groupe qui a eu une influence considérable, qui a accompagné une génération, ma génération, qui a fait le pont avec celle d'avant, celle "des grands frères", qui a fait vibrer, réfléchir, rêver, encore et toujours rêver.
Il faut bien comprendre ce que Noir Désir a pu représenter pour nous; une poésie inspirée et inspiratrice, musicalement, dans les paroles, une rage, une belle rage, et la sensation qu'on pouvait, qu'en se battant on pouvait... Et puis ils ont disparu, brutalement.
A bien y réfléchir, j'ai comme le sentiement que les derniers espoirs sont partis à ce moment, artistiquement, politiquement, sentimentalement.

Merci, merci à la Rue Ket', aux Ogres, aux Têtes Raides, aux artistes Libres et à tant d'autres d'avoir été là. Et merci, j'ai eu du plaisir à écouter ces morceaux, et à faire enfin le pont avec cette période déjà si loin.

Je ne sais pas ce qui va venir maintenant, mais une chose est sûre: je continue de rêver, et de garder espoir...

lundi 27 octobre 2008

Sinusoïdal

Marseille Marseille Marseille,

Ville fascinante où je vis depuis bientôt 2 ans. Fascinante parce qu'on y croise de tout, du pire et du meilleur, fascinante parce qu'elle suscite à peu près autant de passion que de haine, fascinante parce qu'elle ne laisse personne indifférente. J'aime Marseille... J'aimais Marseille... jusque là...
Prenez un gars, balancez le en week-end, en bon week end, et faite le rentrer des idées plein la tête. C'est bon, vous l'avez ? Ok on continue alors.
Maintenant ce gars, pour son week-end, il lui faut bien des sacs. Bon comme c'est un gars qui part un peu beaucoup à l'arrache (du genre qui fait son sac 30 min avant de prendre le train), on va dire qu'il prend un trèèèèèès gros sac de rando et qu'il y met à peu prêt tout ce qu'il trouve dedans. Bon ça fait son petit poids quand même, mais le petit sac là ? Arf pas le temps de répartir tout dans le gros sac, prenez le et mettez lui sur le ventre.
Oki ben ce gars là, après son week-end qu'il était bien, il rentre, donc, mais fortement chargé. Et après le train vient de le métro...
Bon maintenant prenez quelques autres gars, qui eux ne sont pas partis en week end, mais qui prennent le métro aussi (après tout, pourquoi pas ?).
Bon vous avez tout ? Ok, on continue...
Ce gars là, au bout d'un moment il en sort, du métro... Ben les autres là, qui prenaient le métro, eux aussi... Admettons...
Maintenant, le gars chargé_qui_rentre_de_week-end_fatigué_mais_des_idées_plein_la_tête_et_qui_est_pratiquement_arrivé_chez_lui faites le passer, rien que pour déconner comme ça, par un couloir étroit de sortie de métro, dans un virage, en gros là où personne peut voir se qui se passe, et pendant que vous y êtes, amenez les autres gars là.
Bon, qu'est-ce que ça donne tout ça ?

"Hep"
"Huuuumm ?"
"Donne moi tout c'que t'as"
"C'est ça oui"
[onomatopée représentant un coup de poing dans une tête, un truc du genre "CHPOOUM"]
[onomatopées représentant des pas qui suivent, des coups de pieds, des coups de poings]
(Ohhhhh, mais il est pas tout seul le monsieur qui me demande une offrande) [Rapide calcul: 1, 10 => 10 ça fait environ dix fois plus que 1... hum...]
(Boooonnnnn si t'insistes)
"C'est tout ce que t'as ? Et le portable, et le portefeuille, et le numéro de carte bleue ?"
(onomatopées... bon vous avez compris)
Hop a plus personne (et plus grand chose non plus d'ailleurs), c'est bon, il peut rentrer chez lui maintenant le gars... Bon pi un oeil au beurre noir, une joue enflée, des hématomes, toussa, ça fait viril hein...

J'aimais Marseille. Marseille est fascinante, on y croise de tout, du meilleur et du pire. J'aime Marseille... Oui, j'aime Marseille ! Mais il faut reconnaître qu'elle laisse un goût amer parfois...

dimanche 12 octobre 2008

Étape 1 - Phase 1

Et c'est reparti, voire parti tout court ce coup ci :)

Encore une refonte du site, mais cette fois sur une philosophie différente: je me suis enfin décidé à utiliser l'existant pour pouvoir me concentrer sur le contenu. J'ai donc changé du tout maison pour passer à un vrai moteur de blog, et je me suis arrêté sur DotClear que je connaissais de réputation. Et franchement je ne suis pas déçu, la transition s'est déroulée sans problème, et ça fait tout ce que j'attendais d'un tel moteur (voire plus) :).

Bref, ce changement technique s'accompagne d'un changement pratique: je vais pouvoir me concentrer sur le contenu donc, et poster plus régulièrement. Là encore des billets d'humeurs et des projets. Le temps me manque désormais pour travailler mes projets, aussi je me concentre sur quelques uns (ou des tout petits comme mkvconvert). J'en ai un en particulier dans les cartons que j'espère sortir d'ici quelques semaines.

Voilà voilà pour ce qui est du gros des nouvelles, je vais arrêter de raconter ma vie et pouvoir commencer les choses sérieuses :)

mercredi 20 août 2008

Raison

C'est toi qui a raison, évidemment. Écrire, c'est que je me refuse à faire depuis maintenant trop longtemps, de peur de me trahir, d'être impuissant.
J'ai pourtant la chance de savoir précisément ce que je veux, d'en avoir la force et les moyens, et pourtant... Pourtant je vis dans l'expectative, pourtant je me laisse porter par l'espoir... Cliquer à l'infini en attendant LE mail qui changera tout, attendre le coup de fil, les mots ou la personne qui feront la différence... Vouloir changer et se laisser berner par la mélancolie... N'éprouver de passion que pour l'inaccessible, s'entourer soi-même de murs transparents... Ce n'est finalement pas éloigné de la dévotion.

J'éprouve les plus grandes difficultés du monde à finir une journée, je ne peux me coucher sans cet envahissant sentiment d'insatisfaction, d'oeuvre inachevée. Mes ambitions sont grandes, mes actions avortées.

Être un engrenage dans une machine que je n'ai pas construite ni même désiré, voilà ce que je ne veux pas. Reste à savoir ce que je veux...
Je sais ce qui me fait vibrer: rencontrer des gens, discuter, découvrir, voyager, lire, interpréter, voir, écouter, penser, éprouver. Je sais ce qui me fait rêver: la passion, le désir, changer le monde, laisser une trace, faire ma Révolution, faire notre Révolution. Je sais ce qui me fait peur: le Temps, l'habitude, rater le moment précis qui fait tout basculer.

Mais surtout, je sais que, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. J'ai pour moi la force et la volonté d'arriver à mes fins, et même au-delà. J'ai la prétention de savoir pouvoir encore briser mes chaînes, et je le ferai avec un plaisir non dissimulé.
Tout me mène à cette conclusion: je dois voyager et découvrir, et me tenir le plus éloigné possible de tout ce qui me ramène à un quelconque destin. Je dois me construire et me choisir moi même.

Voilà exactement ce que je veux, par dessus tout, chaque partie de mon corps le hurle, c'est ancré au plus profond de moi:
ce que je veux, c'est vivre LIBRE.

samedi 9 août 2008

Un petit script de transcodage

Un petit post pour dire que j'ai retrouvé un script que j'avais écrit il y a deux ans pour transcoder une vidéo utilisant un codec non lisible par VLC dans un fichier mkv. Vous pouvez le télécharger à ce lien: http://www.goffi.org/public/telecha.... Ca peut toujours servir...

Au passage j'ai retrouvé d'autres projets entamés mais non fini, dont je m'occuperai peut être à moyen terme. Pour le moment j'ai un projet qui me tient à coeur depuis un moment que je me suis décidé à commencer, j'en parlerai plus précisément si je ne l'abandonne pas avant qu'il soit utilisable :). Je suis désolé pour ceux qui utilisaient le driver SP2500, l'API du kernel change en permanence et je n'ai pas le temps ni le goût de le maintenir. Si un jour je n'ai que ça à faire je le recoderai en userspace, mais je ne promets rien et de toute manière ça ne sera pas de sitôt.

jeudi 24 avril 2008

La chourmo !

Juste un mot pour dire merci à Massilia pour avoir fait monté l'aïoli et m'avoir donné un putain de sourire en sortant du Moulin...

Marseille était décidément un passage obligatoire de ma vie

lundi 4 février 2008

Merci à Jean Bart, à Dunkerque et aux couch surfeurs !

Magique, fantastique, irréel, je ne sais trop comment qualifier ce week-end.
En fait il y a trop de choses... De sensations... Comment dire ? Une âme d'enfant retrouvée, des gens vivant, chantant, dansant, heureux, tout simplement heureux... J'avais perdu l'espoir de voir une fête si sincère, je croyais avoir perdu mes illusions avec l'âge, qu'il n'y avait plus de Carnaval que de tristes défilés payants et sans âme; mais ça ! Imaginez toute une ville vibrer, imaginez tant de coeurs battre, des générations main dans la main, sans distinction de couleur ou de niveau social, une foule immense nous rappelant enfin à quoi ça sert, la vie.
En fait non, ça ne se raconte pas. Rappelez vous juste votre plus beau rêve d'enfant, et vous comprendrez...

Ah oui, ça, il fait froid dans le Nord ! Mais il y a une telle chaleur humaine que le soleil brille comme nulle part.

J'ai braillé qu'une fois, c'était en repartant !

Carnaval de Dunkerque 2008

PS: merci à Antoine pour la photo :)

vendredi 11 janvier 2008

Un soir de plus

j'aime ça
j'aime avoir mes sens en éveil
j'aime tout sentir bouger autour de moi
j'aime sentir ma libido en ébullition
j'aime entendre mes paroles prolonger ma pensée, presque sans tabou
j'aime ce côté interdit
j'aime ce que tout le monde y cherche: le sexe
j'aime à penser que les grands de ce monde y ont cherché le nirvana
j'aime à le déguster, à penser à mon père, mes ancêtres en faisant autant
j'aime sentir le monde
j'aime sentir le monde couler, caresser mon palais, pénétrer ma gorge, s'introduire dans mon sang, faire jouir mon esprit
j'aime perdre en partie le contrôle
j'aime ça
j'aime ça

samedi 15 décembre 2007

...

Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic.

dimanche 2 décembre 2007

Des réponses ?

Récemment quelqu'un m'a dit "Je ne sais pas toi, mais moi en ce moment tout va bien, quand je me lève la matin je me dis que j'ai de la chance".
Ben je ne sais pas vous, mais moi j'ai presque envie de dire la même chose. Pour ainsi dire, j'ai même l'impression de commencer à trouver des réponses, qu'il me manque plus que le petit déclic qui va bien. Et ce déclic, il n'est pas très loin.
Je ne sais pas vous, mais moi en ce moment je me pose des questions, quand je me lève la matin je me dis qu'il manque un truc. Et ce truc je commence à le cerner.
Tiens, j'ai eu le plaisir de me retrouver à une soirée très sympa hier, avec des personnes comme on aimerait en voir plus souvent, et à me retrouver à danser sur des vieux tubes rock... Ben sur le coup j'ai eu du mal à m'y mettre, chose qui m'arrive depuis un moment, parce que j'ai perdu quelque chose par rapport à mes années fac; et je crois que cette chose est très liée aux amis que j'avais à cette époque: des gens extraordinaires, avec qui la vie est simple et belle. Hier, j'ai retrouvé un peu de cette façon de vivre grâce aux personnes avec qui j'étais, et ça fait du bien, vraiment du bien. Enfin ceci ne parle finalement qu'à moi, mais ça fait du bien de l'écrire.
Une chose que j'aime beaucoup, c'est parler avec les gens. Grâce à une amie, j'ai découvert un café philo excellent près du Vieux Port, un endroit vraiment rafraîchissant où j'ai bien l'intention de retourner régulièrement. Ça fait du bien.
Récemment, j'ai discuté avec des amis, et ma famille, à propos de toutes ces choses qui passent dans ma tête, et ça donne le sourire de pouvoir faire ça, j'ai de la chance d'avoir ces gens dans ma vie. Ça fait du bien.
Je ne sais pas vous, mais moi en ce moment tout va bien, quand je me lève le matin, je me dis que j'ai de la chance...

mercredi 28 novembre 2007

Et si ?

Vous ne vous êtes jamais demandé ce qui se serait passé si... ? Si bien sûr, comme tout le monde. C'est exactement ce que je me dis en permanence, surtout récemment. Pour tout vous dire, je suis dans la vie active depuis près d'un an, le fameux métro-boulot-dodo que je redoutais tant; et bien c'est exactement comme je l'imaginais, et y'a pas, ce n'est pas pour moi. C'est fou comme tout est fait pour se faire bouffer par la Machine, tout tout tout. On n'arrête pas de se dire que ça ira mieux dans peu de temps, on y croit même des fois... Merde ça fait plus d'un an que j'ai pas mis ce site à jour... Et puis on voit des choses, on fait des rencontres. Des étrangers qui parcourent l'Europe en stop avec un sac à dos, des galeries sous terre, des artistes, des militants, des êtres vivants. Putain que ça me manquait, des êtres vivants. Mon plus grand plaisir est de tomber amoureux des gens, et j'en ai l'occasion actuellement, vraiment. Quand je vois tout ce monde à qui il manque quelque chose (souvent quelqu'un) je me dis qu'on peut avancer. Je passe ma vie à attendre le bon moment, clairement, c'est ça mon problème. Quand j'y pense, à trop attendre le bon moment, je le laisse filer entre mes mains (mes lèvres ?) quand il se présente. Et là j'attends quoi ? On attend tous quoi ? Et en plus je sais parfaitement ce que je veux ! Écouter de la musique, voilà ce que je veux. Je veux coucher avec la belle Étoile. Je veux commencer ma jeunesse, maintenant, tout de suite, enfin ! Ça fait longtemps que je m'y prépare, il est temps de prendre les choses en main.

Faites cette petite expérience:

Fermez la porte
éteignez votre téléphone, mettez un peu d'encens, éteignez les lumières, choisissez une musique qui vous prend vraiment au tripes.
Pensez à votre enfance, votre avenir, et fermez les yeux... Ne pensez plus à rien... Laissez vous fuir... Laissez fuir la musique...
Ouvrez les yeux ! Vous pensiez à quoi ? à qui ?
Vous l'avez senti ?

Moi aussi !

Allumez la lumière
Ouvrez la porte

jeudi 14 septembre 2006

Pilote Linux pour le joypad Saitek P2500

For english readers, you can directly download the Saitek P2500 Linux driver here.

J'ai profité de l'été pour faire un petit pilote pour le joypad Saitek P2500, qui n'était pas entièrement géré par le noyau. Ce pilote ajoute la gestion du bouton pour switcher entre le stick analogique et le stick numérique, ainsi que la gestion des vibrations.

Voilà, je vais maintenant pouvoir me mettre à plein temps sur Tales & Legends.

PS: J'ai récemment eu des attaques de SPAM, qui m'ont forcé à désactiver les commentaires pendant un moment. Pour le moment je fais un filtrage ultra basique qui a l'air de fonctionner, mais si des bots plus perfectionnés s'attaquent au site je vais devoir m'occuper de ça plus sérieusement.

MAJ: Il y avait une petite erreur de parenthèses qui est désormais corrigée. Un projet a été ouvert sur la forge du GCN, vous y trouverez les dernières corrections.

Ma vision du Libre

Avant toute chose, je tiens à préciser que je parle de "ma" vision du Libre non par prétention, mais parce qu'il doit y avoir autant d'interprétations du mouvement que d'acteurs. Aussi merci d'en tenir compte en lisant la suite de ce texte. Si vous n'avez jamais entendu parlé du Libre, essayez de lire le texte intégralement même si ça peut paraître indigeste: c'est un mouvement majeur de notre époque qu'il est important de connaître.

Mais commençons par le commencement, le Libre c'est quoi ?

Le Libre est un courant de pensée récent qui vise à permettre la libre diffusion des oeuvres. Par libre diffusion, on entend 4 libertés fondamentales: liberté d'utiliser, liberté de diffuser, liberté d'étudier et liberté de modifier. Ce mouvement, parti de l'informatique et du logiciel libre, a pris une ampleur impressionnante, dopée par l'explosion d'Internet, et touche désormais à quasiment tous les domaines artistiques (et pas seulement). Il s'agit purement et simplement d'une véritable révolution idéologique et économique, qui est bien partie pour modifier le système occidental actuel en profondeur. Des mots un peu forts ? Laissez moi vous présenter les deux exemples les plus parlants à l'heure actuelle: le logiciel et la musique.

Le logiciel libre

Le logiciel libre est un logiciel qui se base sur les 4 libertés fondamentales suivantes:

  • Liberté 0 : La liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages.
  • Liberté 1 : La liberté d'étudier le fonctionnement du programme.
  • Liberté 2 : La liberté de redistribuer des copies.
  • Liberté 3 : La liberté d'améliorer le programme et de publier ses améliorations.

En d'autres termes, il garantit une utilisation complète sans limitation, il autorise la copie; peut être adapté à des besoins spécifiques, ou peut être analysé.
Le logiciel peut être vu comme un outil, une technologie, une connaissance.
Un des principes fondamentaux du Libre est le partage de la connaissance. Outre la beauté philosophique, ce partage a de nombreux avantages, en voici quelques uns:

D'un point de vue technique, le logiciel libre est

  • plus sûr (le logiciel pouvant être étudié, n'importe qui capable de le comprendre peut corriger ses erreurs)
  • plus réactif (de par son ouverture, les erreurs sont corrigées plus vite, les nouvelles fonctionnalités sont implémentées plus rapidement)

D'un point de vue théorique, si une infinité de développeurs travaille sur un logiciel pendant une durée infinie, le logiciel tend vers la perfection. Ce qui sous entend que tôt ou tard, le logiciel libre égalera puis dépassera un équivalent propriétaire en termes de fonctionnalités, de stabilité et d'efficacité.

Par expérience, on s'aperçoit également que les logiciels libres ont tendance à

  • respecter davantage les standards (plus grande accessibilité  notamment aux personnes handicapées)
  • proposer plus d'innovations (moins de dépendance vis à vis des risques économiques et du marché)

Le modèle du logiciel libre a donc de nombreux avantages, mais il modifie en profondeur les méthodes de diffusion traditionnelles.

Economiquement, la question actuellement en suspend est "comment gagner sa vie avec le logiciel libre ?" . La première réponse est celle des services autour du logiciel: le support technique, les manuels papier, les adaptations peuvent se monnayer. D'autre part, de (très) grandes entreprises y ont vu un moyen de s'imposer sur des marchés sous monopoles ou quasi-monopoles: Sun avec Open Office, IBM avec Eclipse par exemple.

Une autre solution est le mécénat: un développeur travaille sur son projet, et vit à l'aide de dons. Malheureusement en pratique, c'est rarement suffisant pour vivre de ses oeuvres. Cependant, certains projets populaires font régulièrement des campagnes massives de dons, qui peuvent s'avérer très efficaces (Wikipédia par exemple).

Il y a également des solutions hybrides: ainsi ID Software, célèbre développeur de jeux vidéo dont les grands classiques que sont Doom et Quake, publie ses oeuvres sous licence libre après leur exploitation commerciale (à noter que dans ce cas le Libre ne permet pas de gagner sa vie).

Enfin, tout un marché se créé autour de ce nouveau mode de diffusion: un développeur peut gagner sa vie en adaptant des logiciels libres aux besoins spécifiques d'une entreprise ou d'un particulier; et d'autres systèmes économiques sont certainement envisageables.
Il faut garder à l'esprit que de grandes entreprises dont le système économique se base sur les logiciels libres se sont créées et fonctionnent depuis plusieurs années.

Pourquoi tout ceci est si important ? Aujourd'hui, l'informatique est devenu tout simplement indispensable dans tous les domaines de la société, elle devient un maillon central de notre vie. Un des enjeux majeurs du Libre est d'éviter de laisser ce maillon entre les mains de quelques grandes sociétés, et d'emprisonner des connaissances dans des stratégies économiques: le Libre permet de rendre le contrôle des connaissances au peuple. D'autre part, le Libre a un aspect philosophie mais également économique, et son implantation, que l'on peut désormais qualifier de réussie, au sein du système économique actuel assure la propagation de sa philosophie.

Le Libre et la musique

Sans repasser par une description complète, la musique Libre s'apparente au logiciel libre par les libertés offertes (écouter, modifier, diffuser, étudier). Bien que la musique libre soit arrivée plus tardivement, elle est un élément très important du mouvement car la musique a souvent, si ce n'est toujours, accompagné l'Homme dans ses (r)évolutions, elle est un moyen d'expression majeur et un témoin de son époque. Pour simplifier le schéma classique actuel, la musique est traditionnellement composée et interprétée par un groupe, puis envoyée à un éditeur, si l'éditeur estime que la musique peut marcher commercialement, il décide de la diffuser. Commence alors une campagne publicitaire, que l'on peut aisément qualifier de matraquage, le morceau est diffusé massivement par les médias afin que le consommateur l'achète. Quelques grands éditeurs contrôlent la majorité du marché: ce sont les majors du disque.
La diffusion de la musique est donc dépendantes de critères commerciaux et non artistiques: ce sont les majors qui décident qui écoute quoi. On se retrouve avec une culture dirigée, uniformisée, monnayée.
D'autre part, les technologies actuelles permettent de contrôler la diffusion des musiques: combien de fois vous l'écoutez, où vous l'écoutez, combien de fois et à qui vous pouvez la prêter ou la copier. Faux ? Faites des recherches sur les DRM et voyez de vos propres yeux. Peut être pensez vous que ce genre de protection pourra toujours se contourner ? Outre le fait que ce n'est pas nécessairement vrai, il est idéologiquement inacceptable (et dangereux) de devoir passer par là.
La musique libre, au contraire, permet à chacun de diffuser ses propres morceaux (avec l'aide précieuse d'Internet), de les faire écouter ou les copier à ses amis, elle permet une créativité bien plus importante. Bref elle donne à la musique et à la culture ce qui leur manquait: le respect.

Actuellement, la musique se trouve au centre d'un important débat: avec les méthodes de diffusions d'aujourd'hui, notamment les logiciels de partage, les majors cherchent à reprendre le contrôle des musiques via des moyens techniques ou légaux, en bafouant totalement les libertés les plus élémentaires du consommateur. L'industrie est en train de changer radicalement, les éditeurs perdent de leur pouvoir tandis que le client, qui devient plus qu'un simple consommateur, en gagne. Il est clair que beaucoup d'artistes sont actuellement  dépassés par les évènements, ou ne se rendent tout simplement pas compte des enjeux. Pourtant, ils vont tôt ou tard tous devoir prendre une décision.

Enfin le mouvement du Libre a entraîné d'autres progrès: l'exemple le plus célèbre (et une révolution à elle toute seule) est la Wikipédia. Cette encyclopédie Libre répond à un des plus anciens rêves de l'Homme; une gigantesque base de connaissances qui touche à tous les sujets, que l'ont peut librement consulter, modifier et diffuser.

Le Libre est donc un mouvement d'une importance croissante, qui, non content d'avoir trouvé sa place dans l'informatique, s'étend à d'autres domaines (musique, cinéma, encyclopédie, littérature, etc). Il revoit en profondeur les modes de pensée actuels liés à la propriété intellectuelle, et se situe dans une logique de partage. Contrairement à la plupart des autres grands courants de pensée: le mouvement Libre a l'avantage de s'imposer économiquement, et de fonctionner.

lundi 4 septembre 2006

Tout ça pour ça

Nous informons notre aimable clientèle que certaines parties du billet suivant ont été écrites à jeun, d'autres non. Afin d'éviter toute discrimination et les préjudices moraux que cela pourrait entraîner, l'identité de ces parties restera secrète.
Nous tenons à préciser qu'aucun animal n'a été maltraité durant la rédaction de ce billet, à la seule exception du rédacteur.

Bon OK y'en a marre. Cette fois c'est vraiment parti pour un lâcher en règle... En fait il y a des millions de trucs que j'ai envie de dire, mais que je dis jamais parce que soit je ne sais pas à qui les dire, soit j'ai une googlophobie tellement présente que je vais me faire enterrer avec. C'est fou comme l'alcool peut aider à percevoir les choses, comme quoi le houblon ça a du bon. Finalement je suis un frustré, frustré de pas pouvoir parler clairement, frustré de rester dans mon coin sans qu'on m'emmerde. Mon espèce de billet sur les 25 ans n'était qu'une bande annonce, qu'un petit aperçu de l'immense frustration dont je suis responsable. Ah merde ça commence à se brouiller déjà, ça me paraissait si facile il y a 3 secondes. Tant pis ce sera brouillé, mais ça sera là... Ce qui me gonfle ? Marre de jamais pouvoir parler avec les gens qui m'entourent, marre de perdre des soirées parce que des potes préfèrent mater la télé que sortir vivre un peu, marre d'être dans ce carcan geek où je ne suis que demi-pensionnaire, marre de visiter revolution.com, marre d'être un wannabe... Voilà c'est tout ça, et un peu plus: j'ai envie de me retrouver dans un pub avec des potes à refaire le monde, j'ai envie de m'engager politiquement, j'ai envie d'être cultivé et d'expliquer aux gens clairement la différence entre l'anarchie et l'anomie, j'ai envie de sortir le truc qui révolutionnera la société, et, comme tous, de révolutionner le monde.
Peut être m'aurait-il fallu une guitare ou une caméra, peut être qu'en suivant les flèches dans le sable ça aurait été mieux. Non en fait je crois qu'il suffit de s'en donner les moyens, c'est ça qui manque. Plutôt que d'avoir des grandes idées plantées dans un fauteuil, plutôt que d'écouter une musique en se disant "putain c'est profond, il est trop dans le vrai le keum" et passer à autre chose dans les 5 min, pourquoi ne pas prendre un papier et un stylo, pourquoi ne pas descendre dans la rue, pourquoi ne pas montrer aux gens qui on est ? Y'a que deux solutions: rester sur la route, sans dévier, suivre les études gentillement et travailler, dans son domaine ça va de soi, ou chialer dans son coin et se dire qu'on est un putain d'écorché vif que personne peut comprendre... Non il y en a d'autres des issues: prendre son clavier, prévenir le monde et descendre dans la rue, ça peut encore se faire.
En fait j'en veux à la terre entière: j'en veux au peuple d'être d'une passivité alarmante, j'en veux à mes potes de parler foot plutôt que CPE, j'en veux aux médias de préférer les annonceurs à l'objectivité, j'en veux à mes profs de faire un pseudo-élitisme à deux balles, j'en veux à l'univers de vivre et laisser mourir, même les premières amours...
Et puis par dessus tout, j'en veux bien évidemment à moi, d'avoir laissé faire tout ça, et de regarder l'intégrale de Friends plutôt que de changer le monde. En même temps c'est ce qu'on attend de moi non ?

mardi 4 avril 2006

Dernière station avant l'autoroute

J'ai pris récemment une position radicale sur la licence globale.

Effectivement, radicale et même décevante de la part de quelqu'un comme HFT. Décevante non pour l'opinion, que chacun se fasse la sienne, mais pour cette sale impression de raccourci, de discours maché-avalé-craché, de méconnaissance du sujet, qui ne colle pas du tout avec le personnage. Et pourtant...

C'est à l'Acropolis qu'a lieu le concert, il n'y a que des places assises.
Regarder un concert assis, quelle idée ! Mais bon, déjà les regrets du concert manqué sur le caillou, il n'était pas question de sécher celui là.
La salle n'est pas remplie, de nombreuses rangées sont cruellement vides là haut; ce n'est pas tellement étonnant, son public n'est probablement pas celui de la Côte, et HFT est plus ou moins en marge des circuits classiques.
Les lumières s'éteignent, on entend un "Hubert !" dans la salle, une fois, deux fois, et le voilà.
Le son n'est pas au top, mais on l'oublie vite aux notes de Sweet Amanite Phalloïde Queen. Rapidement du monde vient se coller à la scène, chose pas forcément prévue à en juger par la sécurité, mais ça aurait été dommage et pour le public, et pour le groupe, que tout le monde reste assis. Hubert l'a d'ailleurs dit, il aurait préféré (et nous aussi), que ça se fasse à l'extérieur. Les chansons défilent, avec bien entendu de nombreux morceaux du nouvel album, bien sympas (en particulier Télégramme 2003). Les grands classiques répondent évidemment à l'appel, en pariticulier Loreleï, les dingues et les paumés, et la fille du coupeur de joint (entre 2 rappels) qui a mis une ambiance festive particulière dans la salle. Puis le retour sur scène, seul avec une guitare, d'un Thiéfaine qui nous parle de sa position sur la licence globale (on a entendu quelques personnes huer dans un premier temps, puis la salle applaudir), avec une chanson hors programme composée en cet honneur. Bien que la chanson en elle même soit agréable, on y retrouve l'association avec les régimes totalitaires (à noter qu'il est difficile d'apprécier le message d'une chanson à sa première écoute, surtout si c'est pendant un concert), c'est la seule que je n'ai pas applaudie.
Puis retour du reste du groupe, avec notamment un fabuleux Alligators 427, une éphémère et appréciée candidature aux élections présidentielles et l'au-revoir d'un Thiéfaine qui a visiblement conquis son public.
Bilan: un concert qui aurait pris toute son ampleur en extérieur, et un HFT qui méritait vraiment de faire salle comble.

Direction la sortie, et un petit resto à côté du vieux histoire de manger une bricole et de boire une petite mousse. Chacun y va de son commentaire sur le concert, très apprécié, avec toujours ce petit regrêt pour sa position sur le téléchargement. On parle de tout et de rien... En fin de repas, plusieurs clients entrent, dont HFT en personne ! C'est toujours assez marrant de croiser des célèbrités dans la vie normale (c'est dans ces moments qu'on se dit "quoi ?? Lui aussi c'est un gens qui marche dans la rue et qui mange !"). Puis c'est l'heure de partir, avec un petit tour aux toilettes avant de faire la route. Il y a un truc qu'il faut savoir, c'est qu'à Nice, enfin à "Nice by Night", 90% des rencontres se font dans les chiottes :). Ben là ça n'a pas dérogé à la règle, et j'ai ainsi pu discuter pendant 5 min avec Thiéfaine :).
Morceaux choisis (et reconstitués à base de concentré de mémoire):

Goffi - Très bon concert

HFT - Merci

Goffi - Par contre, je ne suis pas du tout d'accord avec votre position sur la licence globale

HFT - Chacun son opinion... [blanc] D'ici 10 ans vous allez tuer la culture !

[blabla]

Goffi - On a l'impression que les artistes font des raccourcis [...] ce que ce nous voulions n'est pas "d'avoir du tout gratuit". [...] Je suis étudiant dans l'informatique et pour les logiciels libres [...] les drm sont une horreur.

HFT - Mais je suis contre les drm, si vous aviez écouté l'émission je l'ai dit [OK, là c'est moi qui ai fait un raccourci]

En fait ce qui l'inquiète c'est le risque de tuer l'industrie. Cette position peut se comprendre, même si je n'ai pas le même avis, et il est clair que la question est difficile.

Goffi - Mais des lois comme DADVSI menacent des technologies prometteuses !

HFT - Je ne veux pas qu'on s'attaque aux nouvelles technologies:

Goffi - ben ce n'est pas l'impression que vous donniez dans l'interview

HFT - quand on passe à la radio, on a juste 5 min pour parler, on ne peut pas correctement s'exprimer.

[...]

Goffi - j'ai été choqué par votre comparaison avec les régimes totalitaires

HFT - Il faut dire quelque chose de fort si vous voulez que ça marque

Point avec lequel je ne suis toujours pas d'accord, la comparaison était particulièrement déplacée de mon point de vue.

HFT - Il faut pouvoir rémunérer les artistes

Goffi - On pense que la licence globale est une solution équitable, même si ce n'est pas forcément la meilleure. L'amende mise en place ne vas pas aider à empêcher le téléchargement.

HFT - il faut trouver une autre solution, la licence globale n'étant pas la bonne ! J'ai bien vu des hommes marcher sur la Lune, on doit pouvoir trouver une solution [phrase déjà entendue pendant son interview à la radio].

[Au moment de partir, il voulait dîner tranquillement le pauvre =) ]

Goffi - Et les petits artistes, Internet est une chance pour eux !

HFT - les petits artistes devraient se trouver un vrai boulot

Goffi - mais pour ceux qui, comme vous autrefois, galèrent mais peuvent aller loin, Internet peut être un bon tremplin

HFT - peut être...

Que tirer de tout ça ? Et bien, même si je suis toujours en désaccord avec lui, je comprends un peu mieux sa position, et surtout, ça me fait plaisir de voir qu'il y a une réflexion derrière (ce dont je doutais fortement après avoir entendu l'interview). Il est contre les DRM et pour les innovations technologiques, sa position ne concernait que la licence globale. Il y a peut être eu des réactions un peu trop rapides après son interview (il a même reçu des insultes), même si sa position est discutable, elle est compréhensible. C'est agréable de pouvoir discuter en toute simplicité avec quelqu'un comme lui (bien que ce fût court).
En tout cas, très bonne soirée :)

PS: il manquait 113ème cigarette sans dormir quand même :-/

- page 1 de 2