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vendredi 30 septembre 2011

De l'urgence d'agir

À force de discussions, je me rends compte que beaucoup de gens ne comprennent pas forcément l'énergie que je mets dans mon projet (Salut à Toi), ou sentent qu'il y a un problème avec des services comme Facebook (FB), mais ne savent pas exactement quoi. Aussi, je vais expliquer ici certains des principaux problèmes que posent ce dernier.

La centralisation

Un des problèmes majeurs de FB est sa centralisation, c-à-d la concentration des informations qui y sont déposées ou y circulent au sein d'une même entité, et a fortiori une entité privée à but commercial ayant déjà eu des actes et paroles douteux (nous y reviendrons).
La centralisation permet la censure et le contrôle (par FB, pas par vous), facilite l'analyse de données (comprendre la lecture de votre vie), et éventuellement les mesures répressives d'état ou autre suivant le contexte.

Ces problèmes inexistants ? Chine, Iran, Corée du Nord, Turquie...
Ces problèmes inexistants dans des pays « démocratiques » ? La France et L'Australie sont sur la liste des pays sous surveillance [1] quant à liberté sur Internet.
Dites vous bien que le maccarthisme ce n'est pas si loin... Dites vous bien qu'avril 2002 ce n'est pas si loin; dites vous bien que les Lumières et les Droits de l'Homme, ça commence à être un peu trop loin...

Les risques informatiques d'aujourd'hui

Une chose qu'il est peut-être difficile de comprendre, c'est ce qu'on peut faire aujourd'hui avec toutes ces informations. Je vous passe toutes les techniques d'analyses de données de masse [2] qui notamment permettent aux grandes chaînes de bien placer les rayons pour mieux vous faire dépenser, pour se concentrer sur des cas plus évidents.

Tout site qui a un bouton « j'aime » ou « partager » qui pointe sur le site de FB leur transmet des informations, et permet à FB de tracer les sites que vous visitez, même si vous n'êtes pas connecté... ou même si vous n'êtes pas inscrit [3]. Ainsi il peut leur être possible de savoir que vous avez lu tel article, que vous vous intéressez à tel produit, tel livre, que vous regardez telle vidéo.

Imaginez que vous soyez militant, pour une quelconque cause - écologie, politique, syndicat, nucléaire, ou autre - et que cela ne plaise pas forcément aux autorités (d'entreprise, locales, nationales, peu importe). Sachant les ennuis que cela peut vous causer, vous faites bien attention à ce que vous faites sur internet, et notamment vous vous gardez bien de mettre vos opinions politiques, religieuses, ou autre sur votre profil FB.

Maintenant, de fil en aiguille, suivant votre activité, vous rencontrez d'autres militants, que vous ajoutez, et qui eux ne prennent pas toujours les mêmes précautions que vous.

Même à supposer qu'il ne mettent pas de photo de vous pendant une action, ou aucun commentaire du genre « tu viens à la manif demain ? », le simple fait d'être amis avec vous, et que vous en ayez plusieurs peut vous trahir.

D'autre part, les techniques de reconnaissance d'images, et en particulier de visages, on beaucoup progressé ces dernière années. Une simple photo de vous - anonyme dans la rue - peut vous associer automatiquement [4] à votre compte FB, votre nom, votre adresse IP, vos amis, et toutes les informations que vous avez entrées. Fini les policiers qui parcourent le journal pour savoir qui était dans telle ou telle manifestation.

Sans même aller jusqu'au cas militant, votre vie et vos contacts évoluent, et il peut être ennuyeux de laisser votre historique depuis votre naissance [5] sur des machines que vous ne maîtrisez pas. Quand on pense qu'il y a 10 ans on prenait peur de laisser son numéro de téléphone sur un forum ou au tollé qu'a provoqué le fichier EDVIGE. Et qu'on ne me parle pas du sempiternel «Je n'ai rien à cacher», signe d'un effarant manque de réflexion et d'ouverture. J'espère bien que vous avez des choses à cacher; j'ai des choses à cacher.

Les risques humains

La curiosité, vilain défaut ou pas, est humaine.

Je ne sais pas comment sont gérées les bases de données au sein de l'entreprise, ni combien elle a d'employés, ni qui a accès à quoi, ni comment et pour combien de temps tout est stocké.

Ce que je sais, c'est qu'il y a des risques pour tous les gens ayant accès aux données que vous mettez sur FB, qu'ils soient 10 ou 10000, de les récupérer, les lire et les analyser. Que ce soit un patron, un employé, une entreprise à qui on a vendu ces données, n'importe quelle entité sur le chemin de ces données comme votre fournisseur d'accès à Internet et ceux qui y travaillent, quelqu'un chez qui vous avez consulté votre compte, ou un pirate informatique; ces informations sont consultables d'autant plus facilement qu'elle ne sont pas chiffrées, c'est à dire qu'elle ne sont pas protégées.Cela revient à envoyer des courriers avec une enveloppe ouverte ou à avoir des conversation « intime » au milieu d'une pièce remplie de monde.

Le simple fait de consulter votre compte FB dans une bibliothèque ou sur un hotspot risque de permettre à n'importe quel apprenti pirate d'accéder à tout votre compte. [6]

La publicité

Peut-être êtes vous habitué à voir des trucs qui clignotent partout, que ça ne vous dérange pas pour lire ou regarder des photos/vidéos. Peut-être que vous acceptez que les données que vous envoyez soient diffusées à des entreprises commerciales. Peut-être que vous êtes résolu à vivre avec cette pollution visuelle, parfois sonore, et qui utilise votre connexion internet (la bande passante), que vous pensez que c'est un mal nécessaire. Peut-être que appréciez qu'on vous dise quoi acheter, où sortir, comment vous habiller, quoi manger, bref qu'on pense à votre place...

Moi non.

Le remplacement de l'existant

Jusqu'ici nous avions des moyens simples, efficaces, décentralisés et standards pour communiquer, tel que le courrier électronique ou les abonnements aux sites (flux atom). Ces moyens ont leur défauts, mais sont (étaient ?) répandus, et installables/utilisables par n'importe qui. Aujourd'hui - il s'agit là d'une simple constatation - j'ai le sentiment que ces moyens disparaissent au profit du confort aseptisé de FB. J'ai de plus en plus de mal à joindre mes connaissances - y compris les amis - par courrier électronique classique, qui ne devient plus qu'un outil pour les messages officiels. Ceci contraint à soit créer un compte sous la pression sociale, soit à avoir des difficultés à joindre ses proches.

On assiste purement et simplement à une privatisation du web.

L'uniformisation, la perde d'identité

Au début du web (et de sa démocratisation, dans les années 90), on voyait de nombreux sites de tous les styles, faits parfois avec amour (et plus ou moins bon goût), qui avaient une touche personnelle, un côté créatif.

Aujourd'hui, par soucis de simplification (moins de choses à gérer), d'efficacité (contacts et pubs facilités) ou pour je ne sais quelle autre raison, de plus en plus d'entités, sites, associations, sources d'informations choisissent de faire une page FB. Vous savez, ces pages qui ressemblent à un profil de personne, avec les infos, commentaires, les statistiques, les produits, les pubs; vous savez ces pages qui ressemblent à ces autres pages... toutes les mêmes.
Non seulement elles sont tributaires de ce que leur permet (et change parfois sans préavis) FB, mais surtout elles sont uniformes, identiques.
Depuis mon plus jeune âge j'entends des gens parler avec effroi (et il y a de quoi) du spectre de la pensée unique... Qu'en est-il du site web unique ?

Ce qu'on sait déjà, ce à quoi on peut s'attendre

Je parlais plus haut de paroles et d'actes douteux, revenons y. Il n'est même pas question ici de mentionner les courriels qui auraient circulé par le passé et des déclarations attribuées au (présumé) fondateur de FB, ou à ce qu'on trouve dans les médias (livre, film) parus récemment, mais de ce qui a été officiellement déclaré et assumé.

début 2010 Mark Zuckerberg déclare « Les gens sont maintenant à l’aise avec l’idée de partager plus d’informations différentes, ils sont aussi plus ouverts et à plus d’internautes […] La norme sociale a évolué depuis quelques temps » et « Les enfants se sont toujours préoccupés du respect de leur vie privée, c’est juste que, pour ces jeunes, la notion de « vie privée » est très différente de ce qu’elle est pour les adultes » [7]

FB cherche ouvertement à devenir un point d'entrée, et un point central du web, notamment avec le protocole « Open Graph ». [8]

En juillet 2011, la directrice marketing déclare la guerre à l'anonymat: «Je pense que l'anonymat sur Internet doit disparaître. Les gens se comportent beaucoup mieux lorsque leur véritable nom est visible. Je pense que les gens se cachent derrière l'anonymat et ont le sentiment de pouvoir dire ce qu'ils veulent derrière des portes closes». [9]

Plusieurs cas de censure ou fermeture sauvage de comptes sont connus. Ainsi ce danois qui s'est vu fermer son compte pour avoir posté « l'Origine du monde » de Gustave Courbet [10], ce groupe « Boycott BP » supprimé (puis rétabli devant la pression) « par accident » [11], ou la désactivation de comptes sous pseudonymes (ou supposés comme tel), comme celle d'un activiste chinois [12].

De la responsabilité de tous

Créer un compte est une chose - j'en ai moi même un [13] -, il y a des tas de raisons valables pour le faire: curiosité, amis qui nous invitent, utilisation des fonctionnalités comme le partage de photos, etc. Le problème est quand on prend la peine d'y réfléchir, qu'on en comprend les dangers, et qu'on continue à souffler sur les braises.

Chaque statut posté, chaque commentaire, chaque photo ajoutée (de vous, ou  - pire - d'une connaissance), chaque bouton « j'aime » ou « partager » cliqué alimente la chose; chaque « site » créé dessus, chaque bouton « j'aime » ou « partager » placé quelque part augmente et légitime leur emprise.
Plus personne ne peut dire désormais qu'il ne « savait pas », c'est maintenant une question de choix et de prise de responsabilité.
Je ne cherche pas ici à avoir un ton accusateur ou condescendant, ayant moi même ma part dans l'histoire, je cherche juste à montrer qu'il y a une prise de conscience à avoir, et ce sans plus attendre. Nous avons une responsabilité vis à vis de nous et de nos proches, et vis à vis des générations à venir.

Bien qu'ici il soit question du site le plus connu, la plupart des réflexions s'appliquent également à d'autres, en particulier Google. Et j'ai fait l'impasse sur de nombreux autres problèmes, comme la géolocalisation. [14]

Quelles sorties ?

Il existe des alternatives, plus ou moins avancées. Salut à Toi en est une, et je souhaite bien entendu son succès, mais il en existe d'autres comme Movim, Jappix, Retroshare, Gnu Social, etc. Et certaines dont je me méfie (Diaspora) mais qui ont le mérite d'être libres (du moins pour l'instant [15]).

Le monde dans lequel nous sommes évolue, et j'ai la nette impression que nous en perdons le contrôle. Notre génération se contente de suivre ce qu'on lui présente, alors que c'est la première fois dans l'Histoire qu'elle a de tels moyens pour le changer, le réinventer; et pour cela je lui en veux un peu. Où est passée cette rage si présente par le passé ? Où est le mouvement de la jeunesse ?

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Notes et références

[3] Une région d'Allemagne a même fait interdire l'utilisation du bouton « j'aime » pour les sites hébergés sur son territoire: http://www.01net.com/editorial/537828/un-land-allemand-veut-interdire-le-bouton-j-and-039-aime-de-facebook/
[10] http://www.rue89.com/2011/02/17/au-danemark-facebook-censure-lorigine-du-monde-190992?page=4 . Le profil a ensuite été rétabli - sans l'image -, et des pages FB consacrées au tableau ont été supprimées suite à la médiatisation (http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Origine_du_monde#cite_ref-5)
[13] compte créé au début à l'invitation d'une amie, je m'en sers désormais comme point d'observation de l'interface et de l'utilisation qu'ont du réseau mes contacts.
[14] un point de départ pour approfondir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Critiques_de_Facebook

samedi 26 mars 2011

Songe d'une nuit de printemps

Voilà, je déguste ma bière belge, dans le Nord, en mangeant un riz frit, et écoutant de la musique hispano-française.
Je pense à l'avenir, j'y crois encore.
Je pense au passé, beaux souvenirs.
Je pense au présent... J'y suis, je l'espère.
Dans un monde parfait... dans un monde parfait mes amis sont là, ma famille aussi. Dans un monde parfait il y a des gens que je ne connais pas, des tas; des histoires ! Oh oui des histoires ! Et j'aime à leur parler.
Chacun travaille, un peu, ou plus s'il aime ça. À chacun sa tâche ingrate, mais surtout à chacun la joie de faire ce qu'il aime.
La culture est là, et tous peuvent y accéder à souhait, sans moquerie, sans ce satané élitisme.
Les voyages aussi sont là, pas comme un devoir, mais comme une envie; ainsi que le respect; non pas pour les traditions stupides, mais pour les gens, pour eux.
Et voilà l'individu, lui aussi respecté, sans pour autant oublier le collectif.
Dans un monde parfait, on profite de notre court passage, on fait ce qui nous fait vibrer, pas ce qu'on nous impose.
Ici on ne refuse pas, on cherche à comprendre. Toi tu ne penses pas comme moi, viens prendre une bière, on va en discuter.
Il est là, il a toujours existé, et il sera toujours là, ce même songe... Ça vaut le coup de se battre pour lui, pour les autres, pour nous... Ça vaut le coup de rêver, d'écouter cette petite musique persistante, de sentir encore et toujours ce désir...
Noir.

lundi 27 septembre 2010

La parole aux images

Bon aller, j'ai mis peu de photos jusqu'ici, alors en voici quelques unes...

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dimanche 26 septembre 2010

pot-pourri

Quelque chose vient de me toucher le dos ! J'en suis sûr putain. Merde c'est quoi cette lumière ? Le film ne m'a pourtant pas tant marqué; il a beau être relativement réaliste et inspiré de faits réels, il a beau se passer en Australie Occidentale, il ne m'a tant impressionné, pas de quoi faire une psychose. Mais putain, putain cette lumière elle est proche, vraiment, et Renée et Nat qui dorment... Le van est fermé, mais on est au milieu de nulle part, sur une énorme portion de route avec personne, sans réseau téléphonique, sans civilisation, rien que ce parking, et les braises encore chaudes de notre feu.

Merde c'est quoi ce bruit... Ah putain ! C'était un camion, c'est vrai que la route est juste de ce côté. Faut que j'arrête mon cinéma... Mais non ! Il y a toujours un bruit, ça bouge. Il faut que j'allume.

- hmmpffff... what !?

Arf, faut pas qu'elle pense que je flippe, elle va flipper aussi

- No, nothing Nat, just a fly, I'm sorry if I did awake you

- No worries...

Bon je vais éteindre, je vais pas réveiller tout le monde en plus... Nan ! Ce n'est pas une psychose ! Il y a bien un bruit !

- Nat, can you hear this ? I don't want to affraid you after the movie, but...

- hear what ? No nothing... Arg wait, yes, there is something !

- ...

Bon là c'est clair il y a quelque chose, mais, attends une minute

- Hey Nat, you didn't tell me this evening that you saw a cute mouse ?

- Ohhhhh shit, yes !

- Well, there is only one thing to do: empty the van and hunt it ! [**]

Et voilà comment on se retrouve en pleine nuit à vider un van et tout mettre sur le lit à l'arrière... Avec une Renée qui a continué à dormir tranquillement.

[**]

- hmmpfff... quoi !?

- Non, rien Nat, juste une mouche, désolé si je t'ai réveillé

- pas de soucis

- Nat, est-ce que tu entends ça ? Je ne veux pas te faire peur après le film, mais...

- Entendre quoi ? Non rien... Arf attends, oui, il y a un truc !

- ...

- Hey Mat, tu ne m'a pas dit ce soir que tu as vu une souris mignonne ?

- Ohhhhh merde, si !

- Bon, il n'y a qu'une chose à faire: vider le van et la chasser !

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Meeeerrrdeeee la voiture, je l'avais complètement oubliée ! Rahhhhh, et c'est 50 $/nuit + toute la journée, ça fait bien 2 jours qu'elle est là, je vais au moins en avoir pour 150 $ ! Mais quel con !

Mpffff, grmmlmlm... Hmppfff. Jen. Tiens ? Qu'est-ce qu'elle fait là ? Lumière, chaleur, ouch... Neurone... on... Couverture... Ahhhhh mais j'étais en train de dormir !

Cool, 150 $ économisés :)

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Bon, alors ça devrait être bientôt, ah oui voilà un panneau ! Lancelin à gauche, et Indian Ocean dr tout droit.

« Indian Ocean drive »

...

Ça fait rêver quand même :)

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Plus que quelques mètres, on y est presque ! Arf, il fallait bien que ça arrive, pas un tour d'Australie avec un van de 25 ans sans une grosse panne. Mais là c'est à se demander si Wendy s'en relèvera... La fumée hier, je ne suis pas mécano mais ça ne présage rien de bon. Je vais peut-être devoir faire une croix sur le Nord.

Hum, ça fait un pincement quand même, j'ai vécu tant de choses ces derniers mois, que de la laisser ici, à la moitié de notre aventure.

Mais s'il y a bien un truc qui me fait plaisir, c'est le coup de main des filles ! Je ne sais pas comment j'aurais fait sans elles... Et sans avoir besoin de demander en plus, alors que je les connais depuis seulement hier.

Merci la solidarité, celle entre voyageurs, baroudeurs ou autres amis de toute fraîcheur. Merci à ces moments là qui font ce pourquoi on voyage, et qui laissent probablement les meilleurs souvenirs. Ce ne sont pas les gorges, plages, ou autres cartes postales qui m'ont fait venir ici, ce sont les (ces !) rencontres.

(*)

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La musique... musiques d'Australie vraiment j'apprécie , musique de Marseille qu'elle est belle, musique engagée pour rester éveillé, musique des rues jamais perdue, musique du matin départ serein , musique du soir, guitare...

Merci la musique :)

(*) En fait c'était juste une pièce à 15$, réparé à prix coutant grâce à un ami mécano... Mais la boite de vitesses a lâché depuis (et je suis en rade à Broome depuis 1 semaine), et là ça va être un facteur 100 (au moins)

samedi 26 juin 2010

On en est là

Perth samedi matin. La nuit a été courte. Je viens de laisser Cat qui m'a hébergé pendant près d'une semaine; et mon van garé à vingt minute du centre, là où les places sont gratuites, je me dirige vers la ville.

Putain qu'il fait froid: 1°C d'après Cat, ils n'ont jamais vu ça. Quand je pense que j'écrivais 2 jours plus tôt que j'étais en chemisette la journée, aujourd'hui mon pull me parait bien léger.

La marche est agréable, je croise les nombreux cyclistes et joggeurs, cherchant toujours à comprendre ce qui peut pousser ces gens à sortir de leur lit pour courir dans le vide. Le soleil est bien là, et tente de raviver mon sang, au point que j'en arrive bientôt à pouvoir sortir les mains de mes poches. La bibliothèque n'ouvrira pas avant 1 heure, je peux prendre mon temps. Ah les gratte-ciels, j'arrive dans le centre. Quelques cris se font entendre au loin: tiens, inhabituel. Mes pas hésitent mais finalement la curiosité l'emporte. Oh un attroupement, quelques policiers. Non, je ne peux pas y croire, enfin une vraie manif en Australie ? J'accélère le pas avec une certaine excitation, Perth me réserve peut-être des surprises.

Mais je déchante vite en voyant une foule bien sagement rangée derrière des barrières en plastique, et il ne faut pas longtemps pour comprendre la tragédie qui se passe. Non ce n'est pas pour lutter contre une quelconque réforme ou défendre les droits de qui que ce soit, non ce n'est pas non plus pour célébrer une victoire à un sport, chose qui malgré le patriotisme puant qu'on y trouve souvent, a au moins le mérite d'apporter une fête populaire. Non c'est autre chose.

Une vitre sépare la foule des employés en uniformes, et une galvanisation est bien visible: les cris viennent des uniformes. Les caméras sont là, ils ont réussi leur coup. Cette nouvelle façon de promouvoir à moindre frais leurs produits en lui donnant une image de grand évènement est à la mode depuis quelques années, et on ne peut que pleurer en voyant à quel point c'est efficace. Le décompte est lancé, 5, 4, un sourire factice est visible sur la face des uniformes, 3, 2 un grand cri, l'entreprise fruitière hype du moment ouvre ses portes, des gens se sont levés par ce froid pour ça (ce qui relativise tout d'un coup l'équilibre mental des coureurs).

Ce qui me fait le plus mal, ce n'est même pas que des gens suivent la mode pour un produit qui, non content de ne rien apporter de neuf, est surtout là pour diminuer les libertés. Ce n'est malheureusement pas une chose dont on parle énormément en dehors de certains milieux, et j'ai peur de croire que beaucoup de gens ne se soucient pas de ces privations - peut être que les choses changeront le jour où on se rendra compte que la technique mise en place sournoisement permet de restreindre à qui et combien de fois on peut prêter/échanger/lire les musiques, livres et autres formes d'expression, et que le jour où un écrit ne sera plus lisible car allant à contre-courant d'un quelconque gouvernement il y aura une certaine émotion, tardive -, non ce n'est même pas ça le plus douloureux.

Ce qui est vraiment pesant, insupportable, dramatique c'est que ces gens là sont ici pour l'ouverture d'un magasin, d'un magasin putain !

Je reste là, à regarder un moment, puis tourne la tête, dépité, et reprends ma route vers la bibliothèque, le moral en berne.

PS: pour être honnête, je me suis déjà rendu une fois à l'ouverture d'un magasin pour la sortie d'une console qui - pour le coup - apportait vraiment quelque chose de nouveau. Même si la scène était loin de ce que je viens de voir, avec le recul je trouve cela tout aussi navrant.

dimanche 17 mai 2009

Une histoire de lapin et de champignons

Nous y voilà !

les échelons sont devant, encore quelques minutes accroupi, le temps que tout le monde passe, quelques regards sur les côtés et je vais pouvoir entrer.
Des mois que j'attendais ça, un retour aux sources salvateur, un monde à nous, loin de toute notion de classe, d'âge, d'autorité, un monde rempli de poésie, d'aventures et d'histoires. Ici on explore, on marche, on boit, on chante, on rencontre, ici on médite ou on raconte nos vies, on suit nos émotions, et, surtout, on partage. Nous ne sommes pas les premiers, nous ne serons probablement pas les derniers, mais nous ressentons tous autant cette formidable fascination, cette excitation sublime qui mélange inconnu et interdit, cet immense fantasme.
Ça y est, c'est à moi. Je reste accroupi et fonce droit devant, je descends quelques échelons et peux désormais allumer ma frontale. Enfin j'y suis ! Et mes amis aussi, depuis le temps qu'on parle de descendre ensemble.

Tout le monde est en bas, on peu désormais parler, s'organiser un peu. Un coup d'œil sur la carte et nous avançons. Les murs sont là, témoins des siècles passés, je les regarde avec amusement. Ils ont vu les contrebandes, les montreurs de Diable, l'infâme répression des communards ou encore les réseaux de Résistance d'un Paris occupé. Peut être que les générations futures regarderont ces mêmes murs en nous imaginant les parcourant, acteurs d'une époque.
Nous arrivons rapidement à Banga, passage culte qui nous coupe définitivement de la surface. Les pieds dans l'eau, nous marchons dans un décors presque irréel, en cherchant les rebords au sol, et s'appuyant sur les parois. Tout le monde est là ? C'est bon on repart.
Aujourd'hui nous ne passerons pas par le Château, nous irons plus loin.

Parcourir ce dédale stimule l'imagination, alimente les émotions. Les murs transpirent de talent: de nombreux artistes ont laissé des œuvres, des clins d'œils dans les endroits parfois les plus improbables. À chaque tournant, à chaque coin peut se trouver un objet, une peinture ou une sculpture laissée là par les précédents visiteurs. Que ce soit un passe-muraille qui s'affranchit des barrières, un bélier qui nous contemple fièrement ou des fresques longeant les couloirs. On est heureux de trouver les objets les plus insolites, abandonnés où on s'y attend le moins: ici un vieux vélo et là un vieil ordinateur bernent le temps, ailleurs des livres, des tracts, des morceaux de vie.

Nous nous posons dans une salle où la table nous permet de partager le pain, de boire et de rire. Les Velvet Underground, dont le nom se prête délicieusement au lieu, nous accompagnent, bientôt suivis de Pink Floyd. On parle de légendes du passé, de fêtes délirantes, certains groupes prestigieux auraient joué ici.

L'ambiance est bonne, mais l'envie d'explorer nous rattrape vite. Je me sens comme un enfant dans un immense terrain de jeu, excité et curieux. Je m'évade et pense aux autres salles, à la Plage qui fait justice à ce rêve général du siècle dernier, qui semble aujourd'hui bien loin, nous montrant qu'elle est bien là, sous les pavés; ou au Bout du Monde, où je me suis déjà posé avec un ami, éclairés par la lumière chancelante de dizaines de bougies, observés par les visages sculptés.
Nous rejoignons l'incontournable tombe de Philibert qui, légende ou réalité, observe avec enthousiasme les visiteurs venus lui rendre hommage. Les couloirs et les salles se succèdent, nous jouons dans l'une d'elles et rions beaucoup. Mais bientôt nous décidons de remonter, et nous préparons à quitter, à contrecœur, les lieux.

Nous marchons un peu, grimpons en s'appuyant sur les murs et passons une chatière. Quelques échelons nous séparent de la surface, dont on peut voir la lumière.
<< Il est quelle heure ? >>, première fois que je me pose la question depuis qu'on est descendus.
Nous attendons en file indienne, prêts à sortir vite, pendant que le premier ouvre la plaque. Je suis le troisième, il sera bientôt temps d'éteindre les lampes.

La plaque est ouverte, mes 2 premiers compagnons sortent, mais quelque chose ne va pas là haut.
je sors à mon tour, et comprends vite la situation. La plaque est située juste devant une boulangerie, et le boulanger en question semble mécontent des quelques traces de boue devant son commerce, il est 10h du matin. Mes compagnons retiennent la plaque, je vais vite les aider: le boulanger essaye de la refermer, et sa femme cherche à l'aider adossée à un mur, en poussant avec les jambes.
La situation est grave: si un de nos camarades reçoit la lourde plaque sur la tête, il peut être très sévèrement blessé; et si la plaque est fermée, nous perdons nos amis en dessous. Heureusement tout le monde arrive à sortir très rapidement, et, malgré les menaces, nous prenons le temps de fermer la plaque, grâce aux réflexes du premier compagnon, pour des raisons évidentes de sécurité.

Nous partons immédiatement, loin d'imaginer que, probablement blessés au plus profond d'eux par les 2 traces de pas laissées sur le trottoir - à environ 5 mètres de leur lieu de travail -, la charmante petite famille, poussée par un fort louable élan patriotique, nous traquerait dans les rues en nous insultants, et nous suivrait dans le bus nous qualifiant de "délinquants".

C'est le moment de se séparer: les 2 premiers compagnons d'un côté - que je n'ai plus vu par la suite -, et nous partis nous cacher dans un immeuble de l'autre.
Une dizaine de minutes passent. une concierge vient nous voir:
- vous attendez quelqu'un ?
- non
- alors je vais vous demander de ne pas rester là parce que vous comprenez blah blah, et blah blah, et blah blah et encore blah tiens

Fort bien, nous partons et retrouvons notre amis le boulanger, qui, tel pacman, parcourt inlassablement les rues à la recherche des "délinquants".
Prenons l'autre direction ! Mauvais choix... Voici une, non deux, non trois voitures de police pour nous accueillir !
Et quand je dis accueillir, je veux dire un << mettez les mains bien en évidence >> quand un autre tripote ses menottes d'un air menaçant.

Notre tord ? Avoir un monde à nous loin du système, avoir notre part de liberté, ne pas suivre les règles absurdes qu'on veut nous imposer.

1 heure passe, nous sommes toujours au milieu de la rue, à l'arrêt de bus. Je regarde le boulanger, sur le trottoir d'en face, les bras croisés, impassible. Il finit par partir.
Un des policier discute un peu avec moi. Il connait les "catacleans", sait que nous y retournerons de toute façon, et je devine qu'il trouve également tout ça excessif. Mais au milieu d'une phrase, un autre arrive:
- C'est à cause de gens comme vous que la France va mal ! C'est comme les feux rouges, on ne regarde pas à droite à gauche et on passe, un feu rouge on s'arrête point ! Il y a des règles il faut les suivre, si vous n'aimez pas la France quittez là...
- je suis né ici

Sanctions distribuées, nous pouvons enfin partir.
Nous nous retrouvons un peu plus loin pour discuter de ce qui vient de se passer. je vais m'assoir sur une marche.
Quand je pense qu'on se sent parfois plus en liberté entre 4 murs qu'à la surface.

En face de moi, au feu, un jeune homme est sur une mobylette, une fille derrière lui. Il nous observe, en cuissardes, pleins de boue et de poussière, et rit. Je le regarde, il me regarde, on se fait un signe de tête. Je sais qu'il est des nôtres.



vendredi 24 avril 2009

L'appel de la forêt

Ça y est.

Après un peu plus de 2 ans de vie active, je me suis décidé à démissionner.
Non que ça se passe spécialement mal dans ma boite, il y a des hauts et des bas, comme partout, mais dans l'ensemble je ne suis pas trop mal tombé.
Non que je ne m'adapte pas à la région: outre quelques petits soucis je me plais ici, il y a beaucoup de choses à faire, des tas de rencontres intéressantes, une véritable âme dans cette ville, d'excellents amis.
Non c'est autre chose...
Avant même de commencer je savais que ça allait être comme ça, mais j'ai voulu essayer, pour "voir ce que c'est", pour l'expérience.

J'aime l'informatique. J'aime l'informatique depuis que je l'ai découverte, enfant. Je l'aime non pas parce que ça clignote et ça fait du bruit, je l'aime non pas parce que ça me fait appartenir à un groupe quelconque; je l'aime parce qu'elle me permet de créer.
Grâce à l'informatique, je peux donner vie à des idées, et, désormais, les partager. Mais voilà, en travaillant dans ce domaine je perds cette faculté, je perds ma passion. Je ne suis plus là pour avoir des idées, mais mettre en pratique ce que me disent d'autres personnes, qui elles même ne font que répéter ce que leur impose le "Marché", cette ignoble supercherie qui s'oppose à tout tempérament artistique. Mais moi ce n'est pas ce que je veux.
Moi je veux communiquer, inventer, créer, partager, apprendre, comprendre... Quand je rentre chez moi, après une journée à comater devant un écran, répétant inlassablement les mêmes choses, je n'ai plus la force de me remettre devant un écran pour assouvir mes propres pulsions créatrices. Alors je comate à nouveau, je consomme, je regarde des sites, des vidéos, et je renonce à ma vie.
Fort heureusement, j'arrive encore, parfois, à me sortir de là: je communique, rencontre des gens, partage des idées, écoute de la musique, essaye désespérément de vibrer, d'éprouver des choses, de résister.

Alors j'ai décidé de tout arrêter, pour enfin commencer ma vie.
Partir à l'autre bout du monde, rencontrer des gens, partager, apprendre, comprendre, réfléchir. Peut être que demain je reviendrai à cette vie tracée et monotone, peut être que j'aurai changé d'avis, je ne sais pas.
Mais c'est justement ça qui me plait: ne pas savoir, essayer, rêver. Je rêve trop, je rêve trop pour cette vie, je veux essayer, tenter le destin, l'inviter.
Moi aussi j'ai le droit de changer mon monde, de changer le Monde.

dimanche 28 décembre 2008

Elle est pas belle la vie ?

Duvel

mardi 25 novembre 2008

Le Cauchemard Avant Noël

Quoi de plus triste qu'un homme qui boit une bière seul devant un écran ?
Quoi de plus navrant que quelqu'un qui cherche à exister, pour un soir, à travers quelques lignes ?
Il y a des jours où on se sent perdu, où on ne comprend pas, où on regrette, où on tremble devant la faute. Celui ci en est un.
Il y a des soirs où rien n'avance, rien ne bouge, où les espoirs qu'on a eu n'existent pas, où on se demande pourquoi. Celui-ci en est un.

Je pense à Edward.

Je fais des erreurs, j'ai fait des erreurs, et je ne sais pas comment les rattraper, je ne sais pas si je peux les rattraper.
Je cours après une chimère, je veux sculpter un monde mais je n'ai pas de mains. Des fois je me sens en dehors, juste en dehors.
C'est difficile à expliquer, mais j'ai comme l'impression de brider les choses, de chercher la douleur, de viser les murs.

Je pense à l'inventeur.

Mais j'y crois, et ça c'est inexplicable, mais j'y crois. Je sens, je sais que c'est possible.
Rêver, c'est encore la plus belle chose qu'il me soit permis de faire, la dernière.
Peut-être que moi aussi, un jour, je ferai tomber la neige.

Je pense à Kim...

lundi 17 novembre 2008

Tout un symbole

Tiens, c'est marrant comme ce n'est pas évident de donner son avis sur un... sur un blog. Ça me parait parfois prétentieux de donner son avis sur l'actualité. Je sais pas, j'ai toujours tellement vu ça réservé aux journalistes, à la télé, aux politiques, aux parents, aux profs, bref, aux adultes, que des fois je me dis "t'es qui toi pour fourrer ton truc mal écrit sur le net, la gueule enfarinée ?". On lit tellement tout et son contraire ici, que bon, ça ne fera pas trop avancer le morpion (oui le morpion, pourquoi ce serait toujours un schmilblick qu'on voudrait faire avancer ?).
Et pis des fois, y'a des actualités qui vous tombent comme ça sur le coin de la gueule -onomatopée d... ah non celle là je l'ai déjà faite-, et qui vous donnent comme une envie de réagir, de donner votre avis; pis merde, même si c'est que quelques lignes perdues dans un flots d'inepties et d'egos, au moins ça me donne une bonne raison de me boire une excellent bière (Gouden Carolus... euh on peut citer au moins ? C'est pas interdit hein ? L'abus d'alcool est dangereux blah blah... C'est bon, je vais pas aller en prison ?) avec un peu d'encens et du Black Lips en fond.

Je ne sais pas si vous avez remarqué -c'est passé relativement inaperçu-, mais il y a eu des élections chez les autres là. Enfin, "élections", on se comprend, un grand show, beaucoup de pub, des émissions, des grands électeurs (des mecs beaucoups plus sages et dignes de confiance que le petit peuple), des sondages, beaucoup de sondages, un peu de sous à droite à gauche (enfin surtout à droite), et un joli feuilleton qui a fait vibrer le coeur des ménagères... Ah c'est beau, vraiment beau... Bon un peu chiant à force, mais tellement beau... Ben cette élection là, elle va changer la face du monde; si, si, puisqu'on vous le dit. Hop, on remet 1 pièce et c'est reparti pour un tour. Non, mais attendez, rien à voir là, c'est un métis, ça n'a rien à voir, mais vraiment, c'est tout un symbole !

Tout un symbole, oui. On ne peut pas cracher dessus, un métis à la pseudo-tête de ce pays là, c'est quand même fort, c'est quand même grand. Mais un symbole pour la peine de mort, un symbole qui veut limiter les avortements, un symbole contre le mariage homosexuel, un symbole pour la prolifération des armes, tout un symbole ! Ah oui, ils ont évité Bush 3, ils ont eu Clinton 2, tout ce qu'il faut pour redorer une image, et remettre sur pied à l'identique un système qui a fait, et refait particulièrement aujourd'hui, plus que ses preuves. God bless America !

La rue Kétanou maintenant... Heureusement qu'ils sont là eux... Et les autres... Merci

Et pis il y a 2 jours là, 2 morceaux, qui ont fait, eux aussi, beaucoup parler d'eux, comme on pouvait s'y attendre. Un symbole encore. Quel symbole ? Sûrement pas celui que veulent vous faire vomir ces gens qui ont découvert un groupe, non même pas, qui ont découvert un prétexte pour cracher leur fiel sur une image incrustée dans leur écran de télé. Sûrement pas celui d'un fait divers, triste, mais qui reste un fait divers. Non le symbole d'un groupe qui a eu une influence considérable, qui a accompagné une génération, ma génération, qui a fait le pont avec celle d'avant, celle "des grands frères", qui a fait vibrer, réfléchir, rêver, encore et toujours rêver.
Il faut bien comprendre ce que Noir Désir a pu représenter pour nous; une poésie inspirée et inspiratrice, musicalement, dans les paroles, une rage, une belle rage, et la sensation qu'on pouvait, qu'en se battant on pouvait... Et puis ils ont disparu, brutalement.
A bien y réfléchir, j'ai comme le sentiement que les derniers espoirs sont partis à ce moment, artistiquement, politiquement, sentimentalement.

Merci, merci à la Rue Ket', aux Ogres, aux Têtes Raides, aux artistes Libres et à tant d'autres d'avoir été là. Et merci, j'ai eu du plaisir à écouter ces morceaux, et à faire enfin le pont avec cette période déjà si loin.

Je ne sais pas ce qui va venir maintenant, mais une chose est sûre: je continue de rêver, et de garder espoir...

lundi 27 octobre 2008

Sinusoïdal

Marseille Marseille Marseille,

Ville fascinante où je vis depuis bientôt 2 ans. Fascinante parce qu'on y croise de tout, du pire et du meilleur, fascinante parce qu'elle suscite à peu près autant de passion que de haine, fascinante parce qu'elle ne laisse personne indifférente. J'aime Marseille... J'aimais Marseille... jusque là...
Prenez un gars, balancez le en week-end, en bon week end, et faite le rentrer des idées plein la tête. C'est bon, vous l'avez ? Ok on continue alors.
Maintenant ce gars, pour son week-end, il lui faut bien des sacs. Bon comme c'est un gars qui part un peu beaucoup à l'arrache (du genre qui fait son sac 30 min avant de prendre le train), on va dire qu'il prend un trèèèèèès gros sac de rando et qu'il y met à peu prêt tout ce qu'il trouve dedans. Bon ça fait son petit poids quand même, mais le petit sac là ? Arf pas le temps de répartir tout dans le gros sac, prenez le et mettez lui sur le ventre.
Oki ben ce gars là, après son week-end qu'il était bien, il rentre, donc, mais fortement chargé. Et après le train vient de le métro...
Bon maintenant prenez quelques autres gars, qui eux ne sont pas partis en week end, mais qui prennent le métro aussi (après tout, pourquoi pas ?).
Bon vous avez tout ? Ok, on continue...
Ce gars là, au bout d'un moment il en sort, du métro... Ben les autres là, qui prenaient le métro, eux aussi... Admettons...
Maintenant, le gars chargé_qui_rentre_de_week-end_fatigué_mais_des_idées_plein_la_tête_et_qui_est_pratiquement_arrivé_chez_lui faites le passer, rien que pour déconner comme ça, par un couloir étroit de sortie de métro, dans un virage, en gros là où personne peut voir se qui se passe, et pendant que vous y êtes, amenez les autres gars là.
Bon, qu'est-ce que ça donne tout ça ?

"Hep"
"Huuuumm ?"
"Donne moi tout c'que t'as"
"C'est ça oui"
[onomatopée représentant un coup de poing dans une tête, un truc du genre "CHPOOUM"]
[onomatopées représentant des pas qui suivent, des coups de pieds, des coups de poings]
(Ohhhhh, mais il est pas tout seul le monsieur qui me demande une offrande) [Rapide calcul: 1, 10 => 10 ça fait environ dix fois plus que 1... hum...]
(Boooonnnnn si t'insistes)
"C'est tout ce que t'as ? Et le portable, et le portefeuille, et le numéro de carte bleue ?"
(onomatopées... bon vous avez compris)
Hop a plus personne (et plus grand chose non plus d'ailleurs), c'est bon, il peut rentrer chez lui maintenant le gars... Bon pi un oeil au beurre noir, une joue enflée, des hématomes, toussa, ça fait viril hein...

J'aimais Marseille. Marseille est fascinante, on y croise de tout, du meilleur et du pire. J'aime Marseille... Oui, j'aime Marseille ! Mais il faut reconnaître qu'elle laisse un goût amer parfois...

mercredi 20 août 2008

Raison

C'est toi qui a raison, évidemment. Écrire, c'est que je me refuse à faire depuis maintenant trop longtemps, de peur de me trahir, d'être impuissant.
J'ai pourtant la chance de savoir précisément ce que je veux, d'en avoir la force et les moyens, et pourtant... Pourtant je vis dans l'expectative, pourtant je me laisse porter par l'espoir... Cliquer à l'infini en attendant LE mail qui changera tout, attendre le coup de fil, les mots ou la personne qui feront la différence... Vouloir changer et se laisser berner par la mélancolie... N'éprouver de passion que pour l'inaccessible, s'entourer soi-même de murs transparents... Ce n'est finalement pas éloigné de la dévotion.

J'éprouve les plus grandes difficultés du monde à finir une journée, je ne peux me coucher sans cet envahissant sentiment d'insatisfaction, d'oeuvre inachevée. Mes ambitions sont grandes, mes actions avortées.

Être un engrenage dans une machine que je n'ai pas construite ni même désiré, voilà ce que je ne veux pas. Reste à savoir ce que je veux...
Je sais ce qui me fait vibrer: rencontrer des gens, discuter, découvrir, voyager, lire, interpréter, voir, écouter, penser, éprouver. Je sais ce qui me fait rêver: la passion, le désir, changer le monde, laisser une trace, faire ma Révolution, faire notre Révolution. Je sais ce qui me fait peur: le Temps, l'habitude, rater le moment précis qui fait tout basculer.

Mais surtout, je sais que, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. J'ai pour moi la force et la volonté d'arriver à mes fins, et même au-delà. J'ai la prétention de savoir pouvoir encore briser mes chaînes, et je le ferai avec un plaisir non dissimulé.
Tout me mène à cette conclusion: je dois voyager et découvrir, et me tenir le plus éloigné possible de tout ce qui me ramène à un quelconque destin. Je dois me construire et me choisir moi même.

Voilà exactement ce que je veux, par dessus tout, chaque partie de mon corps le hurle, c'est ancré au plus profond de moi:
ce que je veux, c'est vivre LIBRE.

jeudi 24 avril 2008

La chourmo !

Juste un mot pour dire merci à Massilia pour avoir fait monté l'aïoli et m'avoir donné un putain de sourire en sortant du Moulin...

Marseille était décidément un passage obligatoire de ma vie

lundi 4 février 2008

Merci à Jean Bart, à Dunkerque et aux couch surfeurs !

Magique, fantastique, irréel, je ne sais trop comment qualifier ce week-end.
En fait il y a trop de choses... De sensations... Comment dire ? Une âme d'enfant retrouvée, des gens vivant, chantant, dansant, heureux, tout simplement heureux... J'avais perdu l'espoir de voir une fête si sincère, je croyais avoir perdu mes illusions avec l'âge, qu'il n'y avait plus de Carnaval que de tristes défilés payants et sans âme; mais ça ! Imaginez toute une ville vibrer, imaginez tant de coeurs battre, des générations main dans la main, sans distinction de couleur ou de niveau social, une foule immense nous rappelant enfin à quoi ça sert, la vie.
En fait non, ça ne se raconte pas. Rappelez vous juste votre plus beau rêve d'enfant, et vous comprendrez...

Ah oui, ça, il fait froid dans le Nord ! Mais il y a une telle chaleur humaine que le soleil brille comme nulle part.

J'ai braillé qu'une fois, c'était en repartant !

Carnaval de Dunkerque 2008

PS: merci à Antoine pour la photo :)

vendredi 11 janvier 2008

Un soir de plus

j'aime ça
j'aime avoir mes sens en éveil
j'aime tout sentir bouger autour de moi
j'aime sentir ma libido en ébullition
j'aime entendre mes paroles prolonger ma pensée, presque sans tabou
j'aime ce côté interdit
j'aime ce que tout le monde y cherche: le sexe
j'aime à penser que les grands de ce monde y ont cherché le nirvana
j'aime à le déguster, à penser à mon père, mes ancêtres en faisant autant
j'aime sentir le monde
j'aime sentir le monde couler, caresser mon palais, pénétrer ma gorge, s'introduire dans mon sang, faire jouir mon esprit
j'aime perdre en partie le contrôle
j'aime ça
j'aime ça

samedi 15 décembre 2007

...

Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic, Tac, Tic.

dimanche 2 décembre 2007

Des réponses ?

Récemment quelqu'un m'a dit "Je ne sais pas toi, mais moi en ce moment tout va bien, quand je me lève la matin je me dis que j'ai de la chance".
Ben je ne sais pas vous, mais moi j'ai presque envie de dire la même chose. Pour ainsi dire, j'ai même l'impression de commencer à trouver des réponses, qu'il me manque plus que le petit déclic qui va bien. Et ce déclic, il n'est pas très loin.
Je ne sais pas vous, mais moi en ce moment je me pose des questions, quand je me lève la matin je me dis qu'il manque un truc. Et ce truc je commence à le cerner.
Tiens, j'ai eu le plaisir de me retrouver à une soirée très sympa hier, avec des personnes comme on aimerait en voir plus souvent, et à me retrouver à danser sur des vieux tubes rock... Ben sur le coup j'ai eu du mal à m'y mettre, chose qui m'arrive depuis un moment, parce que j'ai perdu quelque chose par rapport à mes années fac; et je crois que cette chose est très liée aux amis que j'avais à cette époque: des gens extraordinaires, avec qui la vie est simple et belle. Hier, j'ai retrouvé un peu de cette façon de vivre grâce aux personnes avec qui j'étais, et ça fait du bien, vraiment du bien. Enfin ceci ne parle finalement qu'à moi, mais ça fait du bien de l'écrire.
Une chose que j'aime beaucoup, c'est parler avec les gens. Grâce à une amie, j'ai découvert un café philo excellent près du Vieux Port, un endroit vraiment rafraîchissant où j'ai bien l'intention de retourner régulièrement. Ça fait du bien.
Récemment, j'ai discuté avec des amis, et ma famille, à propos de toutes ces choses qui passent dans ma tête, et ça donne le sourire de pouvoir faire ça, j'ai de la chance d'avoir ces gens dans ma vie. Ça fait du bien.
Je ne sais pas vous, mais moi en ce moment tout va bien, quand je me lève le matin, je me dis que j'ai de la chance...

mercredi 28 novembre 2007

Et si ?

Vous ne vous êtes jamais demandé ce qui se serait passé si... ? Si bien sûr, comme tout le monde. C'est exactement ce que je me dis en permanence, surtout récemment. Pour tout vous dire, je suis dans la vie active depuis près d'un an, le fameux métro-boulot-dodo que je redoutais tant; et bien c'est exactement comme je l'imaginais, et y'a pas, ce n'est pas pour moi. C'est fou comme tout est fait pour se faire bouffer par la Machine, tout tout tout. On n'arrête pas de se dire que ça ira mieux dans peu de temps, on y croit même des fois... Merde ça fait plus d'un an que j'ai pas mis ce site à jour... Et puis on voit des choses, on fait des rencontres. Des étrangers qui parcourent l'Europe en stop avec un sac à dos, des galeries sous terre, des artistes, des militants, des êtres vivants. Putain que ça me manquait, des êtres vivants. Mon plus grand plaisir est de tomber amoureux des gens, et j'en ai l'occasion actuellement, vraiment. Quand je vois tout ce monde à qui il manque quelque chose (souvent quelqu'un) je me dis qu'on peut avancer. Je passe ma vie à attendre le bon moment, clairement, c'est ça mon problème. Quand j'y pense, à trop attendre le bon moment, je le laisse filer entre mes mains (mes lèvres ?) quand il se présente. Et là j'attends quoi ? On attend tous quoi ? Et en plus je sais parfaitement ce que je veux ! Écouter de la musique, voilà ce que je veux. Je veux coucher avec la belle Étoile. Je veux commencer ma jeunesse, maintenant, tout de suite, enfin ! Ça fait longtemps que je m'y prépare, il est temps de prendre les choses en main.

Faites cette petite expérience:

Fermez la porte
éteignez votre téléphone, mettez un peu d'encens, éteignez les lumières, choisissez une musique qui vous prend vraiment au tripes.
Pensez à votre enfance, votre avenir, et fermez les yeux... Ne pensez plus à rien... Laissez vous fuir... Laissez fuir la musique...
Ouvrez les yeux ! Vous pensiez à quoi ? à qui ?
Vous l'avez senti ?

Moi aussi !

Allumez la lumière
Ouvrez la porte

lundi 4 septembre 2006

Tout ça pour ça

Nous informons notre aimable clientèle que certaines parties du billet suivant ont été écrites à jeun, d'autres non. Afin d'éviter toute discrimination et les préjudices moraux que cela pourrait entraîner, l'identité de ces parties restera secrète.
Nous tenons à préciser qu'aucun animal n'a été maltraité durant la rédaction de ce billet, à la seule exception du rédacteur.

Bon OK y'en a marre. Cette fois c'est vraiment parti pour un lâcher en règle... En fait il y a des millions de trucs que j'ai envie de dire, mais que je dis jamais parce que soit je ne sais pas à qui les dire, soit j'ai une googlophobie tellement présente que je vais me faire enterrer avec. C'est fou comme l'alcool peut aider à percevoir les choses, comme quoi le houblon ça a du bon. Finalement je suis un frustré, frustré de pas pouvoir parler clairement, frustré de rester dans mon coin sans qu'on m'emmerde. Mon espèce de billet sur les 25 ans n'était qu'une bande annonce, qu'un petit aperçu de l'immense frustration dont je suis responsable. Ah merde ça commence à se brouiller déjà, ça me paraissait si facile il y a 3 secondes. Tant pis ce sera brouillé, mais ça sera là... Ce qui me gonfle ? Marre de jamais pouvoir parler avec les gens qui m'entourent, marre de perdre des soirées parce que des potes préfèrent mater la télé que sortir vivre un peu, marre d'être dans ce carcan geek où je ne suis que demi-pensionnaire, marre de visiter revolution.com, marre d'être un wannabe... Voilà c'est tout ça, et un peu plus: j'ai envie de me retrouver dans un pub avec des potes à refaire le monde, j'ai envie de m'engager politiquement, j'ai envie d'être cultivé et d'expliquer aux gens clairement la différence entre l'anarchie et l'anomie, j'ai envie de sortir le truc qui révolutionnera la société, et, comme tous, de révolutionner le monde.
Peut être m'aurait-il fallu une guitare ou une caméra, peut être qu'en suivant les flèches dans le sable ça aurait été mieux. Non en fait je crois qu'il suffit de s'en donner les moyens, c'est ça qui manque. Plutôt que d'avoir des grandes idées plantées dans un fauteuil, plutôt que d'écouter une musique en se disant "putain c'est profond, il est trop dans le vrai le keum" et passer à autre chose dans les 5 min, pourquoi ne pas prendre un papier et un stylo, pourquoi ne pas descendre dans la rue, pourquoi ne pas montrer aux gens qui on est ? Y'a que deux solutions: rester sur la route, sans dévier, suivre les études gentillement et travailler, dans son domaine ça va de soi, ou chialer dans son coin et se dire qu'on est un putain d'écorché vif que personne peut comprendre... Non il y en a d'autres des issues: prendre son clavier, prévenir le monde et descendre dans la rue, ça peut encore se faire.
En fait j'en veux à la terre entière: j'en veux au peuple d'être d'une passivité alarmante, j'en veux à mes potes de parler foot plutôt que CPE, j'en veux aux médias de préférer les annonceurs à l'objectivité, j'en veux à mes profs de faire un pseudo-élitisme à deux balles, j'en veux à l'univers de vivre et laisser mourir, même les premières amours...
Et puis par dessus tout, j'en veux bien évidemment à moi, d'avoir laissé faire tout ça, et de regarder l'intégrale de Friends plutôt que de changer le monde. En même temps c'est ce qu'on attend de moi non ?

mardi 4 avril 2006

Dernière station avant l'autoroute

J'ai pris récemment une position radicale sur la licence globale.

Effectivement, radicale et même décevante de la part de quelqu'un comme HFT. Décevante non pour l'opinion, que chacun se fasse la sienne, mais pour cette sale impression de raccourci, de discours maché-avalé-craché, de méconnaissance du sujet, qui ne colle pas du tout avec le personnage. Et pourtant...

C'est à l'Acropolis qu'a lieu le concert, il n'y a que des places assises.
Regarder un concert assis, quelle idée ! Mais bon, déjà les regrets du concert manqué sur le caillou, il n'était pas question de sécher celui là.
La salle n'est pas remplie, de nombreuses rangées sont cruellement vides là haut; ce n'est pas tellement étonnant, son public n'est probablement pas celui de la Côte, et HFT est plus ou moins en marge des circuits classiques.
Les lumières s'éteignent, on entend un "Hubert !" dans la salle, une fois, deux fois, et le voilà.
Le son n'est pas au top, mais on l'oublie vite aux notes de Sweet Amanite Phalloïde Queen. Rapidement du monde vient se coller à la scène, chose pas forcément prévue à en juger par la sécurité, mais ça aurait été dommage et pour le public, et pour le groupe, que tout le monde reste assis. Hubert l'a d'ailleurs dit, il aurait préféré (et nous aussi), que ça se fasse à l'extérieur. Les chansons défilent, avec bien entendu de nombreux morceaux du nouvel album, bien sympas (en particulier Télégramme 2003). Les grands classiques répondent évidemment à l'appel, en pariticulier Loreleï, les dingues et les paumés, et la fille du coupeur de joint (entre 2 rappels) qui a mis une ambiance festive particulière dans la salle. Puis le retour sur scène, seul avec une guitare, d'un Thiéfaine qui nous parle de sa position sur la licence globale (on a entendu quelques personnes huer dans un premier temps, puis la salle applaudir), avec une chanson hors programme composée en cet honneur. Bien que la chanson en elle même soit agréable, on y retrouve l'association avec les régimes totalitaires (à noter qu'il est difficile d'apprécier le message d'une chanson à sa première écoute, surtout si c'est pendant un concert), c'est la seule que je n'ai pas applaudie.
Puis retour du reste du groupe, avec notamment un fabuleux Alligators 427, une éphémère et appréciée candidature aux élections présidentielles et l'au-revoir d'un Thiéfaine qui a visiblement conquis son public.
Bilan: un concert qui aurait pris toute son ampleur en extérieur, et un HFT qui méritait vraiment de faire salle comble.

Direction la sortie, et un petit resto à côté du vieux histoire de manger une bricole et de boire une petite mousse. Chacun y va de son commentaire sur le concert, très apprécié, avec toujours ce petit regrêt pour sa position sur le téléchargement. On parle de tout et de rien... En fin de repas, plusieurs clients entrent, dont HFT en personne ! C'est toujours assez marrant de croiser des célèbrités dans la vie normale (c'est dans ces moments qu'on se dit "quoi ?? Lui aussi c'est un gens qui marche dans la rue et qui mange !"). Puis c'est l'heure de partir, avec un petit tour aux toilettes avant de faire la route. Il y a un truc qu'il faut savoir, c'est qu'à Nice, enfin à "Nice by Night", 90% des rencontres se font dans les chiottes :). Ben là ça n'a pas dérogé à la règle, et j'ai ainsi pu discuter pendant 5 min avec Thiéfaine :).
Morceaux choisis (et reconstitués à base de concentré de mémoire):

Goffi - Très bon concert

HFT - Merci

Goffi - Par contre, je ne suis pas du tout d'accord avec votre position sur la licence globale

HFT - Chacun son opinion... [blanc] D'ici 10 ans vous allez tuer la culture !

[blabla]

Goffi - On a l'impression que les artistes font des raccourcis [...] ce que ce nous voulions n'est pas "d'avoir du tout gratuit". [...] Je suis étudiant dans l'informatique et pour les logiciels libres [...] les drm sont une horreur.

HFT - Mais je suis contre les drm, si vous aviez écouté l'émission je l'ai dit [OK, là c'est moi qui ai fait un raccourci]

En fait ce qui l'inquiète c'est le risque de tuer l'industrie. Cette position peut se comprendre, même si je n'ai pas le même avis, et il est clair que la question est difficile.

Goffi - Mais des lois comme DADVSI menacent des technologies prometteuses !

HFT - Je ne veux pas qu'on s'attaque aux nouvelles technologies:

Goffi - ben ce n'est pas l'impression que vous donniez dans l'interview

HFT - quand on passe à la radio, on a juste 5 min pour parler, on ne peut pas correctement s'exprimer.

[...]

Goffi - j'ai été choqué par votre comparaison avec les régimes totalitaires

HFT - Il faut dire quelque chose de fort si vous voulez que ça marque

Point avec lequel je ne suis toujours pas d'accord, la comparaison était particulièrement déplacée de mon point de vue.

HFT - Il faut pouvoir rémunérer les artistes

Goffi - On pense que la licence globale est une solution équitable, même si ce n'est pas forcément la meilleure. L'amende mise en place ne vas pas aider à empêcher le téléchargement.

HFT - il faut trouver une autre solution, la licence globale n'étant pas la bonne ! J'ai bien vu des hommes marcher sur la Lune, on doit pouvoir trouver une solution [phrase déjà entendue pendant son interview à la radio].

[Au moment de partir, il voulait dîner tranquillement le pauvre =) ]

Goffi - Et les petits artistes, Internet est une chance pour eux !

HFT - les petits artistes devraient se trouver un vrai boulot

Goffi - mais pour ceux qui, comme vous autrefois, galèrent mais peuvent aller loin, Internet peut être un bon tremplin

HFT - peut être...

Que tirer de tout ça ? Et bien, même si je suis toujours en désaccord avec lui, je comprends un peu mieux sa position, et surtout, ça me fait plaisir de voir qu'il y a une réflexion derrière (ce dont je doutais fortement après avoir entendu l'interview). Il est contre les DRM et pour les innovations technologiques, sa position ne concernait que la licence globale. Il y a peut être eu des réactions un peu trop rapides après son interview (il a même reçu des insultes), même si sa position est discutable, elle est compréhensible. C'est agréable de pouvoir discuter en toute simplicité avec quelqu'un comme lui (bien que ce fût court).
En tout cas, très bonne soirée :)

PS: il manquait 113ème cigarette sans dormir quand même :-/

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